Robin des Bois Etats-Unis 2018 – 116min.

Robin des Bois

Critique du film

La pire adaptation de l’année ?

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Après quatre années de croisade, le retour au pays a un goût amer pour Robin de Loxley (Taron Egerton). Sa demeure est une masure qui s’écroule au gré des vents et sa fiancée Marian (Eve Hewson) a débarrassé le plancher. Nottingham étouffe sous la gouvernance tyrannique du shérif (Ben Mendelsohn). Loxley est en quête de justice, il prépare une révolte avec le concours de Petit Jean (Jamie Foxx) et voilà qu’il devient l’illustre Robin des Bois.

Préquels, séquels ou reboots, le cinéma hollywoodien déborde de philanthropie et nous conte, à n’en plus pouvoir, ces fameuses histoires que l’on ignorait encore sur nos héro(ïne)s. Si la démarche a le mérite de faire tourner les affaires et de déboucher parfois sur d’élégantes surprises, on se demande encore ce que diable Otto Bathurst est allé faire dans cette galère.

Dès l’ouverture, il nous est annoncé en voix-off que la légende nous sera ici épargnée “pour ne pas nous ennuyer”, et que le récit à venir amarre bien loin des “bedtimes stories” classiques. Une curieuse précaution qui préjuge de son audience et qui, sous couvert de modernité, laisse entrevoir un raccourci populiste lorsqu’il se défend de fondre dans l’intellectualisme au profit d’un récit violent (prétendu proche de la vérité). Le narrateur oppose divertissement et démarche historique, la suite se prépare sans une once de nuance et se révèle finalement d’une politesse et d’une convenance indigente.

Robin des Bois est la figure de proue d’un récit édifiant sur la noblesse de coeur, l’adversité, l’impartialité, la fraternité et le courage. Le gendre idéal de Nottingham s’est épris de Lady Marian (Eve Hewson) et leur rencontre en début de métrage est d’une guimauve prodigieuse. Après quatre années de croisade, Nottingham empeste le souffre et quand il se soulève contre le shérif avec l’aide de Petit Jean (Jamie Foxx), Ben Chandler et David James Kelly (scénario) reprennent le mythe d’une manière extrêmement frontale. Seule originalité artistique, un parallèle contemporain. On notera le blouson prêt-à-porter de Taron Egerton en leader désincarné, ou les plastrons façon gilets pare-balles. Le médiéval rencontre des costumes plus modernes et les époques se mêlent pour une morale intemporelle sur les soulèvements populaires et les instances corrompues.

Aussi louable soit la démarche, le film s’écroule sous un casting incapable de porter le film. Jamais impertinent, ni drôle, ni réellement fantaisiste; jusque dans son générique final taillé dans une esthétique comic book à base de cocktail molotov et sur une musique faussement punk. La réalisation s’apparente à une (ré)interprétation en surface des mouvements auxquels elle fait référence. Robin devient un mièvre super-héros anti-social à la croisée des époques, parfaitement gentillet, candide et mielleux. Le long métrage coche les cases d’une réalisation qui a le vent en poupe. Nettement plus assassin chez James McTeigue (V pour Vendetta), sans doute y avait-il dans cette origin story l’envie de faire de Robin un Guy Fawkes de Nottingham, le résultat est certainement le flan de l’année.

En bref !

Réalisé par Otto Bathurst, le projet d’une nouvelle adaptation était si insensé qu’il en devenait presque un objet de curiosité. Mais Robin Hood oscille entre le risible et le consternant, le long métrage se galvaude d’une écriture terriblement lacunaire, de facilités artistiques et d’un jeu d’acteur littéralement absent.

26.11.2018

1.5

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Commentaires

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Giep

il y a 11 mois

Mal joué, mauvais décors, mauvais costumes, je n’avais pas vu un film aussi mal réalisé depuis les années 70


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