Nicky Larson et le Parfum de Cupidon France 2018 – 92min.

Nicky Larson et le Parfum de Cupidon

Critique du film

Ne craint personne... ?

Lino Cassinat
Critique du film: Lino Cassinat

Après un Épouse-moi mon pote en forme de déchaînement homophobe proprement honteux, c’est peu dire que Philippe Lacheau et sa bande étaient attendus au tournant avec Nicky Larson, adaptation de la série animée du même nom (et donc, pas vraiment du manga originel City Hunter, dont l'anime est une version édulcorée pour les enfants). Et quelque part, ce Nicky Larson a tout du petit miracle... malgré quelques petites scories, et à nouveau un arrière goût désagréable.

Pour dire les choses simplement, Philippe Lacheau emballe un film régulièrement drôle et joliment rocambolesque. Le travail d’adaptation très réussi témoigne d’un amour sincère et profond pour le dessin animé, et les nombreuses saillies burlesques s’enchaînent avec fluidité et sans temps mort, donnant au film une énergie vivace et un rythme enlevé. Nicky Larson peut notamment s’appuyer sur un découpage efficace et ambitieux, loin des sempiternelles punchlines molles en champs-contrechamps qui pullulent dans la comédie à la française.

Virevoltante et dynamique, la réalisation ne manque clairement pas de panache. On sent vraiment la volonté d’emballer une aventure rocambolesque en plus d’une comédie, et malgré quelques gags sexuels vraiment lourdauds (même pour du Nicky Larson), deux personnages secondaires un peu envahissants et une plastique photographique parfois un peu laide (la séquence du parc), cette comédie d’aventure fonctionne dans l’ensemble très bien. Le tout est également dopé par une Laura (Élodie Fontan) parfaite de bout en bout, excellent clown blanc face un clown auguste un peu en sous-régime en la personne de Nicky Larson (Philippe Lacheau).

Malheureusement, si Nicky Larson ne craint personne, l’homosexualité masculine donne toujours de grosses crampes au cerveau à la bande à Fifi qui la prend régulièrement pour cible, aussi bêtement que gratuitement. On pourrait croire que c’est une duplication de l’ambiance de l’anime originel, qui met en vedette un héros notoirement obsédé sexuel assez viriliste (déjà une gageure après l’affaire Weinstein), mais impossible de ne pas plutôt y voir la signature d’une équipe qui se sert systématiquement de ce sujet comme punching-ball dans ses oeuvres. D’autant que, adaptation oblige, d’autres aspects du matériau de base sont transformés, alors pourquoi celui-ci se retrouve amplifié ? C’est dommage, car à force de s’en moquer aussi méchamment, d’en faire (entre autres) l’omega ultime du héros et la condamnation suprême de l’antagoniste en fin de film, Nicky Larson met un bon pied dans l’homophobie ordinaire...

En bref !

Drôle et tourbillonnante, on tombe facilement sous le charme de Nicky Larson et de son parfum de Cupidon... dommage que ce charme soit fissuré par une odeur rance d’homophobie beauf, aussi légère soit-elle. On souhaite vivement à la suite de corriger le tir, qu’on puisse s’amuser sans culpabiliser cette fois.

08.02.2019

3

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 6 mois

“Club Duroté”

Nicky Larson, le détective doué et obsédé, se voit confier un élixir d’amour capable de rendre une tête de gland irrésistible. Une arme de destruction massive à ne pas mettre entre les mains baladeuses de n’importe qui.

« Aucun danger ne l’impressionne. Les coups durs il les affectionne. Et la justice le passionne. Nicky Larson ne craint personne… », exception faite d’une paire irrésistible de gros seins. Si le générique du dessin animé résonne d’un coup à vos oreilles, c’est que vous avez été biberonnés, comme toute une génération, à la télé de Dorothée. L’ex grande prêtresse de TF1 se présente même à la porte d’embarquement pour participer au délire hommage de la compagnie Lacheau. Dès lors, on ne peut qu’apprécier les multiples clins d’œil du film à ces années de « babysitting » cathodique, diffusant le parfum illusoire et trompeur de la nostalgie.

Malheureusement, cela ne fait pas un tout. Le petit Philou, ne pouvant s’empêcher de lorgner les grands maîtres anglo-saxons, se prend pour James Bond ou Kingsman, la classe et les gros moyens en moins. Niveau opération séduction, le charme est illusoire et s’évapore vite. Quant à son obsession pour les braguettes faciles, elle fait surtout rire l’intéressé, négligeant le spectateur plus exigeant. Celui-ci devra se contenter des enfants et animaux martyres, cibles émouvantes du garnement, pour se dérider.

5/10Voir plus

Dernière modification il y a 6 mois


Eric2017

il y a 7 mois

Alors là j'ai vraiment beaucoup ri. À prendre au premier degré bien sûr, mais c'est une BD super bien adaptée au grand écran. J'aime l'humour de Philippe Lacheau et ses acolytes sont parfaits pour interpréter ces films. Elodie Fontant est magnifique est rayonne sans oublier l'apparition de Jugnot, Dorothée et la participation de Pamela Anderson. Beaucoup de gags, un montage où l'on ne s'ennuie pas, bref cela fait du bien de rire. (F-13.02.19/2x)Voir plus


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