Alad'2 France 2018 – 97min.

Alad'2

Critique du film

Une suite qui ne frise pas le génie

Prescilia Correnti
Critique du film: Prescilia Correnti

Sorti en 2015, Les nouvelles aventures d’Aladin avait fait un carton au box-office. Si les critiques presses se sont presque accordées à dire que le film n’a ni brillé par son ingéniosité, ni ses dialogues et encore moins par son humour, son succès ne peut être nié. Est-ce que pour autant le film d’Arthur Benzaquen nécessitait une suite ? La question est posée...

Sobrement intitulé Alad’2 (suite logique d’un Aladin se prononçant Alad’1), l’histoire prend directement place au sein du royaume de Bagdad. Là-bas, tout va mal, la cité dépérit petit à petit. Le compte en banque s’amenuise, tout comme la relation entre Shallia (Vanessa Guide) et Aladin (Kev Adams). Néanmoins tout est chamboulé avec l’arrivée de Shah Zaman (Jamel Debbouze), un dictateur et tyran qui s’empare de la cité de Bagdad avec la facilité d’un enfant de deux ans. Lâche, Aladin décide de s’enfuir, tel un voleur, loin de sa cité, laissant sa princesse aux griffes d’un « méchant » faussement fourbe.

À l’image de son titre, Alad’2 est assez vide de sens, de dialogue, d’intrigue, de tout... Amas cellulaire entre humour gras, faiblesse scénaristique et pauvreté des blagues, Alad’2 tente tant bien que mal de s’en sortir par le biais de ses acteurs. Si le duo Kev Adams et William Lebghil, qui faisait un tant soit peu la force du premier opus, n’est plus de la partie, Jamel Debbouze parvient à redresser la barre. Mais la barre de quoi ? D’un scénario qui a seulement pour fondation une succession de sketchs, plus ou moins inintéressants, et d’anachronismes côtoyant des références cinématographiques et littéraires. Passant des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, à La reine des neiges et même 1492 de Ridley Scott, avec l’implication de l’ancien « Dieu-le-père » de la comédie, Gérard Depardieu, Alad’2 se perd dans sa tentative de susciter la franche rigolade. Le film se paie même le luxe d’un hommage kubrickien dérisoire, et pire encore, parodie grassement Star Wars épisode V : L’Empire contre-attaque.

À côté de ça, le film de Lionel Steketee, connu pour avoir réalisé Case départ en 2011 et le Crocodile du Botswana en 2014, ne parvient pas à recréer l’effet de « surprise » et de « fraîcheur » du premier opus d’Arthur Benzaquen. Lequel avait au moins eu le mérite de proposer un scénario original, mêlant à la fois le fictif à la réalité. Malheureusement Lionel Steketee ne livre ici qu'une pâle copie anémiée. Kev Adams tente toujours de faire rire, sans y parvenir, nous assommant sans cesse de ses vieux gags délavés et passés. Eric Judor s’enfonce encore plus loin dans sa bêtise, interprétant toujours un génie d’une imbécilité crasseuse quand Ramzy Bedia se contente de réciter quelques palabres quand on lui demande. Alad’2 use jusqu’à la moelle de son comique de répétition. Problème : il ne suffit pas que certains bons acteurs (Jamel Debouzze surtout) improvisent quelques scènes pour que l’effet marche.

En bref ! Alad’2 est une suite inutile et dépourvue d’intérêt. Derrière ses mauvais gags, le film tente tant bien que mal de faire passer un message : la vie n’est pas un simple conte. Il faut grandir, se responsabiliser. Dommage que ce sous-texte ait déjà été abordé une bonne pelletée de fois au cinéma, et qu’Alad’2 ne réussisse pas à le renouveler avec habileté.

01.10.2018

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Commentaires

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Eric2017

il y a 5 jours

Aïe ! Ouille!!!! J'ai failli m'endormir. C'est simplement nul. Certes le metteur en scène a fait quelques clins d'oeil à certains films cultes mais ça ne relève pas la pauvreté du scénario. Comment peut-on trouver de l'argent pour tourner un tel nanar ? Seul moment qui m'a fait plaisir et qui me donne l'envie de mettre une étoile, c'est l'apparition de Gérard Depardieu, sinon il n'y a rien à voir, ni à rire.
(F-09.10.18)Voir plus


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