BlacKkKlansman Etats-Unis 2018 – 135min.

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan

Critique du film

Un brulôt anti-Trump

Alexandre Janowiak
Critique du film: Alexandre Janowiak

Depuis son Inside Man en 2006 voire La 25ème heure en 2002, le cinéma de Spike Lee n'a rien proposé d'intéressant. Vingt-sept ans après sa dernière venue à Cannes avec Jungle Fever, le cinéaste concoure à nouveau pour la Palme d'Or avec BlacKkKlansman.

(Cannes 2018) BlacKkKlansman est basé sur «des putains de faits réels» – comme l'indique le panneau d'ouverture du film – et raconte l'histoire d'un jeune officier de police afro-américain qui décide un jour d'infiltrer le Ku Klux Klan en faisant équipe avec un collègue blanc dans les années 70.

Produit par Jason Blum et surtout Jordan Peele (réalisateur et scénariste de Get Out), BlacKkKlansman s'inscrit dans la droite lignée du thriller horrifique dénonciateur qu'était Get Out sur la condition et le traitement de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis. Le moyen de comparer une époque sordide où les droits des noirs étaient bafoués avec cette Amérique de Trump et son atmosphère raciste. A ce niveau, le film de Spike Lee est une jolie réussite puisqu'il mêle son propos dénonciateur à un scénario plutôt drôle aux vannes piquantes, le tout mené par un superbe duo d'acteur: John David Washington et Adam Driver.

BlacKkKlansman présente cependant un immense problème : son manque de cinéma. Le long-métrage de Spike Lee est un beau pamphlet politique, brulôt anti-Trump, contre le racisme et les maux de notre société actuelle mais c'est à peu près tout. La réalisation du cinéaste afro-américain est d'un classicisme endormant et n'offre aucune idée de mise en scène, à une exception près. La construction du récit, elle, est des plus banals et le montage global du film ne semble pas terminé, la succession de certaines séquences paraissant très hasardeuse.

Pire, même si Spike Lee veut marquer les esprits avec son ultime séquence sur les événements d'août 2017 à Charlottesville, son propos sur l'Amérique manque de subtilité et s'avère finalement moins profond que la plupart des œuvres ayant déjà traité ces thématiques.



04.09.2018

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Commentaires

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mariusfanny

il y a 22 jours

j'ai bien ri et le film apporte un message important


karim_decarro_marina_melihi

il y a 1 mois

Le retour du Grand Spike Lee


vincenzobino

il y a 1 mois

Black Men can be cops
1973, Colorado: Ron Stallworth, jeune inspirant de police noir, se sent concerné de près par les actions menées tant par le KKK que par les Black Panthers. Avec son coéquipier blanc et juif, Flip Zimmermann, ils décident d'intégrer le Clan en endossant toutes deux la même identité de Ron, le véritable ne parlant que par téléphone, le second se montrant sur place avec comme objectif de rentrer en contact avec le grand Maître, David Duke. Mais sa garde rapprochée veille au grain.
Le voici donc ce grand prix cannois, et pour Lee, l'occasion, après Malcolm X, de rendre hommage à cette p...ain d'histoire vraie, comme mentionné en introduction.
Pour se faire, le réalisateur ne se contente nullement d'un biopic, il réécrit littéralement l'anecdote sous la forme d'un western spaghetti urbain satirique. Cette démarcation s'avère brillante: elle provoque à la fois un effet satirique sur ces blancs incapables de reconnaître un intrus, et les Noirs se disant opprimés mais se comportant comme tel. Les éclats de rire sont bien présents et le duo Driver-David Washington prodigieux, y est pour beaucoup.
Les deux heures 15 minutes, on ne les voit pas passer, à tel point que l'issue pourrait sur le moment paraître trop brève, s'il n'y avait cet autre retour à la réalité où la patte de Lee fait mouche et provoque la réaction que plus de 40 ans après, les divisions raciales sont toujours présentes.
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