Le musée des merveilles Etats-Unis 2017 – 116min.

Critique du film

Wonderstruck

Alexandre Janowiak
Critique du film: Alexandre Janowiak

Sur deux époques distinctes, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

Deux ans après avoir bouleversé le public cannois et séduit la critique avec son tendre et pure Carol, qui avait d’ailleurs valu le prix d’interprétation féminine à la sublime Rooney Mara, Todd Haynes foulait à nouveau le tapis rouge de la Croisette en mai dernier avec Le Musée des Merveilles. Accompagné des charmantes Julianne Moore et Michelle Williams sur les marches, son nouveau film met surtout en vedette deux enfants : la jeune Millicent Simmonds et le jeune Oakes Fegley. Malheureusement, malgré le talent précoce de comédien des deux bambins, le long-métrage du cinéaste américain déçoit, notamment à cause de son scénario. Adapté d’un roman de Brian Selznick, qui s’est lui-même chargé de l’écriture du film, l’histoire avait pourtant de très grands atouts avec sa double narration. Cependant, au fil des minutes, le récit devient bien trop prévisible pour convaincre et l’émotion attendue dans le final perd ainsi en intensité. Au-delà de ça, la partition de Carter Burwell, bien qu’elle reste en tête un long moment après la projection, a tendance à trop surligner les instants d’émotions. En revanche, rien à redire sur la magnifique photographie d’Edward Lachmann. Passant du noir et blanc à la couleur selon l’arc narratif, elle donne un cachet artistique indéniable au Musée des merveilles et apporte la féerie qui manque tant au scénario.

18.05.2018

3

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 2 ans

“Les enfants du silence”                                                

En 1927, la jeune Rose fugue pour tenter de revoir sa mère, une célèbre comédienne. En 1977, Ben s’échappe à son tour, espérant retrouver le père qu’il n’a jamais connu. Deux orphelins que cinquante années séparent, mais que la surdité et leur quête de sens réunissent dans la magie new-yorkaise.

Rose vit à une époque où le cinéma cherche encore une voix. Cependant, l’imminence du parlant ne lui permettra bientôt plus d’accéder aux films. Dans une société qui ne la reconnaît guère, « où est ma place ? » s’écrie-t-elle intérieurement. Quand la foudre s’abat sur Ben, elle lui laisse la parole, mais lui vole l’ouïe. Sans racines solides, le garçon perd ses repères. Menottés à leur handicap, les deux enfants espèrent une échappatoire. La grande ville pourrait être leur île.

Le parallélisme entre ces destins liés a de quoi intriguer, mais la fascination peine à opérer. Si le réalisateur parvient à mettre le spectateur à la hauteur des enfants sourds, son propos s’égare dans des méandres inaboutis étouffant sa chasse au trésor sous le maniérisme. Si bien que plus que l’histoire de ses deux héros, c’est les reconstitutions de New York qui touchent. Dans les années 20, la métropole rugit de plaisir sans se douter de la dépression noire qui la menace. Deux générations plus tard, misère, violence et ségrégation pourrissent la pomme, proche du black-out. Mais, même dans le caniveau, celle qui ne dort jamais scrute le ciel. La cité devient une maquette géante que l’on survole comme par magie.

6/10Voir plus

Dernière modification il y a 2 ans


vincenzobino

il y a 2 ans

The sound of silence
1927: la jeune Rose s'enfuit de chez elle par peur de son père. 1977: Ben, ayant le même âge et élevé par sa tante est frappé par la foudre. Les deux enfants ne peuvent pas entendre mais New-York s'avère être une issue de secours et certains de ses musées cachent bien des histoires. L'une d'elles s'avère être le lien unissant les jeunes gens.
6 ans après Hugo Cabret, la nouvelle de Selznick arrive sur nos écrans. Quiconque a lu le livre y aura retrouvée à la fois une âme d'enfant mais surtout une chronique sur le mode de vie lorsque l'on est sourd. Et d'emblée, l'on était frappé par une sorte de mépris orchestré envers ces privés insonores au cours des deux périodes. Finalement une personne viendra en aide à chacun.
Todd Haynes confirme après Carol qu'il sait brillamment s'entourer d'adaptateurs rares et Wonderstruck ne fait pas exception.
L'idée de génie de tourner les scènes de 1927 en noir et blanc nous immerge littéralement et nous entraîne dans ce voyage spatio-temporel.
Certes, le récit n'a pas la même maestria que Hugo Cabret et les vingt premières minutes posent plein d'incertitudes, mais lorsque le lien est dévoilé, et bien que son issue soit assez classique, l'on ne regrette pas d'avoir entrepris ce voyage, d'autant plus avec la BO de Carter Burwell magnifique et un hommage musical indirect a Bowie.
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