The Glass Castle Etats-Unis 2017 – 127min.

Critique du film

The Glass Castle

Critique du film: Geoffrey Crété

Chroniqueuse mondaine à New York, Jeannette Walls est sur le point d’épouser un homme d’affaires. Mais alors que sa vie semble idyllique, quelque chose la ronge : sa famille. Elevée par une mère artiste et un père inventeur loufoque qui lui a promis de leur construire un château de verre insensé, elle a vécu une enfance compliquée. Non scolarisée, en admiration devant son père mais également terrifiée par lui et ses penchants alcooliques, Jeannette a grandi sur les routes, de ville en ville, sans repère véritable. Et alors que sa vie a pris une tournure très loin des idéaux de ses parents, elle va décider d’affronter ses démons.

En 2013, Brie Larson a brillé dans Short Term 12, un beau film de Destin Daniel Cretton sur l’équipe d’un foyer pour adolescents. Depuis, l’actrice a remporté l’Oscar de la meilleure actrice pour Room. Ses retrouvailles avec le réalisateur autour d’une adaptation du livre autobiographique de Jeannette Walls semblaient donc parfaites. Pourtant, aucune magie ici : The Glass Castle empile les clichés du mauvais cinéma indépendant, à coup de leçons sur la vie et de grandes scènes dramatiques vues mille fois (la crise soudaine au milieu des convives et le discours artificiel final en plein dîner mondain étant des sommets de ringardise). Que Woody Harrelson brille dans un rôle classique mais solide ne fait que mettre en valeur la vacuité d’un film si niais, qui s’enterre dans une dernière partie larmoyante à la morale douteuse, où l’héroïne balaye d’un revers de la main son enfance terrible. Un beau condensé des pires tendances d'un certain cinéma américain dit indépendant.

25.09.2017

2

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

vincenzobino

il y a 2 ans

States of Jeannette
1989: Jeannette Walsh, reporter photo pour un hebdomadaire new-yorkais, est sur le point de se fiancer lorsqu'elle reconnaît ses parents en SDF. Et ses souvenirs d'enfance ressurgissent :son père Rex, un alcoolique notoire refusant tout contact avec la réalité, la forçait ainsi que ses 3 frères et sœurs, à une vie emplie de misère, craintes et désolation. Pourtant, la jeune femme ressent un besoin: présenter son fiancé banquier à ses parents.
Une enfance volée pour une vie de casanier sédentaire: cela ne vous rappellerait-il pas Cap'tain Fantastic? Il y avait une certaine impression de rapprochement mais dès la première séquence flash-back (nombreux dans le film), l'on éprouve que du mépris profond pour cet ignoble égoïste n'hésitant pas à jeter ses enfants dans une piscine profonde ou les laissant sans surveillance avec de lourdes séquelles à la clé.
Ces souffrances, l'on les ressent pour Jeannette, l'on endure sa peine et sa rage. Et au cours des retrouvailles, un seul mot vient à l'esprit : dégoût. Comment un tel individu peut être à ce point insensible, humiliant son futur beau-fils et n'éprouvant aucune notion d'auto-critique.
Et puis survient la dernière séquence. Et c'est à cet instant que Cretton, après son fabuleux State of Grace, réussit l'exploit de nous faire ressentir de l'empathie pour ce diable incarné, et la révélation finale illustrée sur la part entre réalité et fiction bouleverse littéralement.
Et l'on réalise que l'on vient d'assister à un coup de maître: directions d'acteurs et actrices fabuleuse (Brie Larson et Naomi Watts exceptionnelles, mais palme à Woody Harrelson effroyable), photographie remarquable et surtout un message fort que le rachat peut encore exister.
A recommander vivement avec néanmoins certaines séquences qui pourraient être déconseillées aux personnes ayant connu ce genre d'enfance, que l'on ne souhaite à personne...Voir plus


Autres critiques de films

Atlantique

Parasite

Bruno Manser - la voix de la forêt tropicale

Justice League