Vers la lumière France, Japon 2017 – 101min.

Vers la lumière

Critique du film

Radiance

Alexandre Janowiak
Critique du film: Alexandre Janowiak

Misako passe son temps à décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audio-descripteur de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre Masaya, un photographe au caractère affirmé dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

D'une douceur absolue et d'une beauté éblouissante, le cinéma de Naomi Kawase interpelle à chacune de ses nouvelles réalisations. Avec ses mouvements de caméra simples mais élancés, la réalisatrice japonaise transporte le spectateur au plus près de ses personnages pour lui faire vivre leurs tourments, leurs ressentis et leurs émotions au milieu de paysages emplis d'une poésie exaltante.

Avec son nouveau long-métrage, présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, la cinéaste nous offre, une fois encore, un numéro aérien et lyrique d'une sensibilité enchanteresse. Tous les plans du film sont des déclarations d'amour à une nature fascinante, lumineuse et gracieuse. Malheureusement, la singularité du cinéma poseur de Naomi Kawase a ses limites. Malgré la beauté de son histoire et la délicate romance entre les deux personnages principaux (parfaitement interprétés par Ayame Misaki et Masatoshi Nagase), Vers la lumière n'arrive jamais à émouvoir pleinement et sombre dans un symbolisme trop appuyé. L'incessante contemplation naturaliste devient trop démonstrative pour émerveiller voire pire quand elle finit tout simplement par assommer d'ennui. Dommage.

15.01.2018

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 8 mois

“Soleil couchant”

Misako travaille dans l’audio-description. Lors d’une projection test, son interprétation du film est critiquée par Masaya, photographe de renom. Troublée, la jeune fille se passionne pour cet homme en train de perdre la vue.

Comment décrire une image à celui qui ne peut la distinguer ? Quels mots justes choisir ? Comment transmettre, sans les trahir, les intentions de l’auteur ? Comment éviter de se laisser diriger par ses propres sentiments ? Insoluble, l’exercice donne le vertige.

La réalisatrice japonaise aurait pu et dû se contenter d’inspecter l’abîme creusé par ces questions. Mais sous la pression possible de la co-production européenne, elle enrobe la réflexion dans une romance baignée de soleil couchant. Ainsi, cède-t-elle sur l’inaccessible pour concéder le prévisible.

6/10Voir plus

Dernière modification il y a 8 mois


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