Phantom Thread Etats-Unis 2017 – 130min.

Phantom Thread

Critique du film

Phantom Thread

Alexandre Janowiak
Critique du film: Alexandre Janowiak

Dans le Londres glamour des années 50, le célèbre couturier Reynold Woodcock et sa sœur Cyril sont au cœur de la mode britannique, habillant la famille royale, les stars de cinéma, les héritières, les mondains et les dames dans le style reconnaissable de la Maison Woodcock. Les femmes défilent dans la vie de Woodcock, apportant à ce célibataire endurci inspiration et compagnie, jusqu’au jour où il rencontre Alma, une jeune femme au caractère fort qui deviendra rapidement sa muse et son amante. Lui qui contrôlait et planifiait sa vie au millimètre près, le voici bouleversé par l’amour.

Paul Thomas Anderson et Daniel Day-Lewis ont déjà travaillé ensemble en 2008 avec There Will Be Blood. Dix ans plus tard, les deux hommes se retrouvent pour livrer une œuvre d'une puissance thématique, narrative, musicale... époustouflante.

Avec Phantom Thread, Paul Thomas Anderson offre aux spectateurs un film très personnel, aux nombreux sous-textes et aux infinis questionnements. Durant près de deux heures, le réalisateur de Magnolia et Inherent Vice, s'interroge sur l'inspiration et la création artistique. Au cœur de nombreuses scènes, il met en avant ce conflit entre l'artiste et sa muse : l'artiste est-il le maître de sa source d'inspiration ou la muse domine-t-elle le processus de création ?

Dans Phantom Thread, il y a la sensation de voir Paul Thomas Anderson s'interroger sur sa propre carrière à travers Reynold Woodcock mais aussi qu'il parle de celle de Daniel Day-Lewis. L'acteur irlandais interprète ici son dernier rôle au cinéma avec la maestria qui a mené l'ensemble de sa filmographie (de My Left Foot à Lincoln). Porté par une mise en scène à couper le souffle, d'une délicatesse et d'une finesse hypnotisante, Phantom Thread propose également toute une réflexion sur l'amour grâce au personnage d'Alma (sublime Vicky Krieps). Un questionnement qui trouve son paroxysme dans sa séquence finale vénéneuse, où la musique d'une puissance dramatique incommensurable et les jeux de regards intenses et troublants finissent par scotcher le spectateur au fond de son siège, essoufflé et suant, persuadé d'avoir vécu quelque chose de grand.

13.02.2018

5

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vincenzobino

il y a 5 mois

There will be love
Reynolds Woodcock est le plus renommé styliste du Londres de l'entre-deux-Guerres. Son génie artistique et créatif est à la hauteur de son renfermement sur le monde extérieur à la mode et au luxe. Alors qu'il mange dans un restaurant, son regard croise celui d'Alma, une jeune serveuse. Le coup de foudre est immédiat mais pour Alma, pénétrer cet univers peut s'avérer périlleux.
Les retrouvailles Day-Lewis-Anderson sont enfin célébrées en grandes pompes, ou plutôt, sur leur 31. L'on pénètre effectivement dans le milieu d'une maison de couture et assistons à la conception de robes haut-de-gamme, plus belles les unes que les autres. Mais il est aussi question d'autres défilés: les conquêtes de Reynolds, ses sautes d'humeur et ses exigences alimentaires, dont une très particulière constituant un fil rouge pour gourmets cinéphiles.
Day-Lewis semble avoir confirmé qu'il s'agissait de son ultime rôle. Si tel était le cas, sa sortie d'artiste serait remarquable, tant son regard fascine, les unes pour les yeux, les autres pour les rictus et autre crises. Mais c'est bien Vicky Krieps qui nous fascine tout autant: parfaitement à la hauteur de ce géant, l'actrice et son personnage ne forment plus qu'une.
La musicalité est également exceptionnelle de même que la direction technique et l'analyse suscitée sur la limite de tolérance des caprices, mélangée au désir.
D'une pudeur et d'une beauté assez déconcertantes, ainsi que d'un humour noir inédit chez le réalisateur, une véritable consultation à recommander vivement...Voir plus


CineFiliK

il y a 5 mois

“Haute couture”

Le célèbre couturier Reynolds Woodcock règne en maître sur la mode britannique des années 50. La beauté et le luxe habillent son quotidien, mais c’est Alma, jeune serveuse un peu gauche, qui illumine son regard. Il veut en faire son modèle. Elle deviendra sa maîtresse.

On imagine du prêt-à-porter pour cette histoire de pygmalion disposé à transformer Cendrillon en reine du bal. Mais Paul Thomas Anderson a toujours préféré la haute couture. De fil en aiguille, il tisse un conte somptueux dont les blanches étoffes dissimulent le cruel et la perversité. Dans ce monde chaste et corseté, quand la dentelle se déchire, c’est la soie qui pousse un cri. Entre elle et lui s’installe une passion feutrée aux nuances sadomasochistes. Tête haute pour la révélation Vicky Krieps et un rôle cousu main pour Daniel Day Lewis qui – simple effet d’annonce ou terrible vérité – tirerait ainsi sa révérence. Chapeau bas pour ce talent rare et si précieux.

8.5/10Voir plus

Dernière modification il y a 5 mois


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