Mother! Etats-Unis 2017 – 121min.

Mother!

Critique du film

Mother!

Critique du film: Geoffrey Crété

Dans une magnifique maison isolée dans la forêt vit un couple. Elle a travaillé sans relâche pour reconstruire les lieux, ravagés par un incendie, et lui y cherche l’inspiration pour écrire un nouveau poème. Mais tout bascule lorsqu’un soir, un inconnu frappe à leur porte. L’intrusion de cet étranger, puis sa femme, va briser le fragile équilibre du couple…

Rien ne vous prépare réellement à Mother !. Pas même les précédents films de Darren Aronofsky, notamment Requiem for a Dream et Black Swan. Ici, il y a bien un couple parfait et des intrus inquiétants, pour former quelques motifs du thriller et du film de genre auxquels se raccrocher un temps, mais il y a bien plus ailleurs : dans l’expérience sensorielle (la caméra flottante, le travail précis et envoûtant sur le son), la plongée tour à tour dérangeante et absurde dans cet antre de la folie, et le cauchemar chaotique et baroque qui se construit au fur et à mesure. Il y a aussi ce que raconte véritablement le film : une peinture symbolique, déchirante et violente de l’acte de création, de l’espace mental où un artiste s’isole pour trouver l’inspiration. Le réseau de symboles est riche, offrant de nombreuses grilles de lecture selon sa sensibilité et ses propres obsessions, contribuant à faire de Mother ! une œuvre dense, étrange, fascinante et déstabilisante. En ressortir la tête retournée et l’esprit à l’envers n’est pas un mauvais signe : c’est la preuve que Darren Aronofsky est un cinéaste précieux, l’un des rares à savoir composer un film si fou, et à pouvoir embarquer à ses côtés des acteurs si prestigieux (Javier Bardem, Michelle Pfeiffer, Ed Harris et Jennifer Lawrence, de tous les plans). Mother ! ne pourra pas plaire à tout le monde, mais ne laissera personne insensible.

13.09.2017

5

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CineFiliK

“Pourquoi j’ai mangé ma mère”

Au commencement était cette maison décimée par le feu et qu’elle a, par amour pour lui, reconstruit de ses propres mains. Aujourd’hui, tous deux y vivent seuls au milieu d’une nature accueillante. Une nuit, un importun toque à la porte. Il le fait entrer et le laisse s’installer, malgré elle, en leur demeure.

Que vaut le film le plus décrié de l’année, rejeté en masse par la critique et le public ? Il faut le voir pour le croire. Sur un mode soi-disant inquiétant, glanant avec mollesse les codes de l’horreur psychologique et du fantastique, l’évangéliste Darren Aronofsky réécrit un Tout Nouveau Testament, de la Genèse à l’Apocalypse. Lui, Dieu créateur, est un écrivain en panne d’inspiration. Elle, Terre-Mère, cherche à protéger leur univers. Mais quand débarquent un vieil Adam, fumeur asthmatique, son alcoolique et frivole de femme, puis leurs fils mal élevés, c’est le crime au Paradis. Ils cassent, polluent, gaspillent et tuent les ressources offertes. Les pécheurs entraînent l’idolâtrie, les guerres de religions et le fanatisme terroriste. Y a-t-il un Christ Rédempteur dans la salle pour sauver l’humanité et le film simultanément ? Il est né le divin Enfant qui offrira corps et sang aux plus anthropophages des fervents. Aucun pardon possible alors, l’Enfer s’ouvre sous leurs pieds. Mais ne craignez pas, car la vie n’est qu’un éternel recommencement. Si grossière est la parabole que le message en devient risible au point de nous infliger une solide crise de foi en le bon sens du gourou réalisateur et de ses disciples acteurs.

3.5/10

Dernière modification: September 23, 2017 13:30

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Mother! 1

regis_m

Dès que les situations stressantes émergent, le film vire dans le grotesque. Et un décalage se crée : l'improbabilité des situations doit composer avec le sérieux de l'héroïne principale. Malaise : ça ne fonctionne pas du tout. Du moins, on n'y croit pas. Une questions émerge rapidement : faut-il rire ? En tout cas, la salle est restée de marbre. Silencieuse. Moi de même. Lorsque l'histoire vire à l'abject, puis au monstrueux, avec toujours le même modus operandi, je me dis que ce film est le parfait emblème de tout ce que je déteste au cinéma. Pas parce qu'on y voit des choses dégueulasses, mais parce que c'est parfaitement idiot. Alors, il y aura toujours des critiques et des chroniqueurs pour se gargariser de ce qu'ils pensent avoir compris : "ce film est une illustration d'une femme asociale qui cherche à se protéger et à protéger son enfant". Ah ouais. Mais il y a plus profond : "c'est aussi une métaphore de Dieu, oui, le Dieu chrétien, narcissique et autocentré, adorant qu'on l'adule, qui se gargarise du SPOILER sacrifice de son fils". On rigole pendant la scène de l'eucharistie. On se dit que décidément, Marie a morflé. Et que les fidèles sont des hystériques, mais finalement, capable de se repentir. FOUTAISES que tout ça. Mother nous montre que le génial réalisateur de Pi, Requiem for a Dream et The Fountain a perdu ses neurones en cours de route et qu'il est tombé bien bas. Dire que ce gars était capable de poésie en abordant le thème poignant de la maladie dans The Fountain, une oeuvre d'une maturité bouleversante. En 2017, il nous sort ça. Pitoyable.

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Mother! 1

vincenzobino

1.5 : Dans la maison
Un écrivain en manque d'inspiration vit reclus dans un manoir avec son épouse qui désespère de tomber enceinte. Ayant retrouvé l'inspiration, ce dernier veut se remettre à écrire lorsqu'il reçoit la visite d'un de ses fans, chirurgien.
Le retour du réalisateur de Black Swan était sans doute l'événement de la semaine ciné. Et avec un tel duo oscarise, la promesse d'une claque similaire à Black Swan semblait tenue. Ce ne fut pas le cas pour moi.
La première heure est irréprochable : l'on assiste à cette vie d'ermite de cette femme semblant sous de multiples affluences parfois extralucides et son mari romancier nous rappelle de multiples personnages de l'univers de King. De même, l'intrusion soudaine de ce visiteur inconnu nous laisse entrevoir une issue à la King.
Las, la dernière demi-heure s'apparente à un véritable Capharnaüm partant complètement en vrille, à tel point que, une fois l'issue présentée mais nullement élucidée, plusieurs questions se posent, en pensant au titre : est-il question d'un ressenti de la grossesse, et si oui, toute la première partie est hors propos; d'une apparente schizophrénie, et dans ce cas, l'issue est grotesque; ou d'une possession diabolique?
L'impression au final est celle d'une perte de temps, malgré une Jennifer Lawrence parfaite et le plaisir de revoir Michelle Pfeiffer. Mais sinon, l'on repassera.
A vous de voir...

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