L'économie du couple Belgique, France 2016 – 100min.

Critique du film

L'économie du couple

Critique du film: Geoffrey Crété

Après quinze ans de vie commune, une maison fondée ensemble et deux filles, Marie et Boris ont décidé de se séparer. L’amour a laissé place à la haine, au mépris et à la colère tandis qu’ils cohabitent avec leurs deux petites filles, témoins de leur bataille. Au fil des jours, des disputes, des reproches, ce qui restait d'amour entre eux disparaît peu à peu.

Bérénice Bejo a affronté une crise de couple dans Le Passé, le magnifique film d’Asghar Farhadi qui lui a valu un Prix d’interprétation au Festival de Cannes. L’Economie du couple lui offre un nouveau superbe rôle, qui s’appelle là encore Marie. L’actrice affronte Cédric Kahn dans ce duel conjugal d’une pureté fascinante, qui prend la forme d’un quasi huis clos. Le nid du couple devient le théâtre de leur guerre et leur propre prison tandis qu’ils déchirent tout ce qui les a unis par le passé. Sous sa fausse simplicité, L’Economie du couple est certainement le meilleur film de Joachim Lafosse (Elève libre, A perdre la raison) : parfaitement écrit, rythmé, équilibré, il dessine un portrait saisissant du couple moderne, avec une honnêteté et une sensibilité étourdissantes.



14.05.2024

5

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 7 ans

Pensée du jour : Combien tu m’aimes ?

Marie, Boris et leurs deux fillettes forment l’archétype même de la famille idéale. Mais après 15 ans, l’amour a déserté le couple qui ne souhaite pas faire semblant. Une séparation est nécessaire, mais un désaccord financier sur l’appartement force les protagonistes à cohabiter.

« Autrefois, on savait réparer… Maintenant, on jette. Dès qu’il y a un problème, on jette… », assène la mère de Marie – Marthe Keller, d’une grâce clairvoyante. Car tout s’achète et se rachète, sauf l’amour. Et quand il n’y en a plus en suffisance, l’heure est au règlement de comptes. Elle a acheté la maison avec un héritage et ses propres deniers. Elle s’estime seule propriétaire. Il a investi sa sueur, sa force et son temps pour la rénover. La moitié de la valeur du bien doit lui revenir. La discussion est sans fin et le gouffre de plus en plus profond. Lui – Cédric Kahn –, voix rocailleuse, barbe sombre et issu d’un milieu modeste, pourrait trop vite passer pour le méchant de service. Mais ayant le plus à perdre, il garde l’espoir d’une réconciliation. Elle – Bérénice Bejo –, droite et dure, bourgeoise et travaillant dans le milieu académique, ne veut rien lâcher et campe sur ses positions. On se provoque, on s’humilie sur un fond de lutte des classes, on se rapproche pour mieux s’éloigner. La guerre des Rose est déclarée, sans l’outrance américaine, mais tout aussi cruelle. L’argent en est son nerf. Témoins malheureuses de ces scènes de la vie conjugale, les vraies jumelles Jade et Margaux, miroir d’un lien parental et charnel indéfectible. De même que le spectateur, souvent chez Joachim Lafosse – Nue propriété, Elève libre et A perdre la raison –, dans une posture voyeuriste inconfortable. Par l’unité spatiale qui se limite presque uniquement à cet appartement placé au cœur du conflit ouvert, on assiste à un huis-clos rêche et étouffant que des saynètes pleines d’émotion – un quadrille improvisé sur du Maître Gims – aèrent et élèvent. Reste enfin l’image de ce couple, attablé à une terrasse de café, l’air serein, alors qu’en fond sonore se laisse écouter la voix sentencieuse d’un juge. Quand la douceur des sentiments se confronte à l’amertume administrative.

7.5/10

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