Grand Central Autriche, France 2013 – 94min.

Critique du film

Grand Central

Valérie Lobsiger
Critique du film: Valérie Lobsiger

Un jeune ouvrier travaillant dans une centrale nucléaire s'éprend de la femme de son chef.

Gary (Tahar Rahim), 29 ans, sans emploi, trouve un job à 1'200 Euros dans une centrale nucléaire. Ses collègues et lui vivent tous ensemble dans des mobile home non loin de la centrale, dans une nature luxuriante. On le met tout de suite en garde contre les dangers de la "dose" radioactive. "C'est quoi la dose ?" demande-t-il naïvement. Aussitôt, Karole (voluptueuse Lea Seydoux), la femme du chef Toni, lui assène un exemple: "La peur, les yeux brouillés, la tête qui tourne, les jambes qui tremblent... c'est ça la dose", dit-elle en l'embrassant publiquement sur les lèvres. Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. Gary, sous le joug de la passion charnelle, va-t-il se laisser dévorer par la radioactivité ?

On sent poindre, dès le début de ce film de la réalisatrice Rebecca Zlotowski, la montée d'une menace (soutenue par une musique électro appropriée) sans que l'on sache si celle-ci provient du danger nucléaire ou de l'amour interdit. En tout cas, il est ici magistralement démontré que les deux sont incontrôlables, la réalisatrice plantant d'emblée la passion dans un terreau idéalement mortifère: celui d'un environnement nucléaire où les accidents de contamination pullulent, frappant des ouvriers pas toujours conscients des risques. Bravaches, grandes gueules, mais manipulés et manipulables pour cause de manque d'argent et de formation, ces prolétaires se voient plutôt comme les cow-boys des temps modernes.

12.01.2016

4

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Commentaires

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la_critique

il y a 6 ans

Sur fond de polémique sur la question nucléaire qui agite en ce moment la classe politique française, ce film transmet un point de vue objectif et réaliste, d'autant plus fort qu'il le seconde d'une histoire amoureuse passionnelle et malheureuse. Rien à redire, si ce n'est que d'inciter à aller voir ce superbe long métrage.

Le Monde lui a applaudi dans une production actuelle française un peu morose: "Une histoire, donc, de prolétaires à la puissance x (le corps des hommes considéré comme déchet, la mort qui les prend plus vite), terrifiante sur la réalité de notre époque, mais magnifiée par l'amour interdit qui réunit les deux jeunes gens. Il y a là, à la fois, une grande intelligence et une grande virtuosité, qui font parfois oublier à la cinéaste la nécessité de nourrir ses personnages et le lien qui se tisse entre eux. Ce soupçon d'arbitraire est la rançon d'une impériosité qui est une qualité assez rare chez les cinéastes français".Voir plus


CineFiliK

il y a 6 ans

Le contraste entre les deux mondes est saisissant : au dehors, la nature, la vie, l'amour, la complexité des émotions et des sentiments. Au dedans, la négation de l'humain, l'uniformisation, l'aseptisation, le danger, la mort. Au final, un film au contexte original, maîtrisé et bien pensé.


regis_m

il y a 6 ans

On croirait frôler le regard de Zola par instant. L'immersion dans ce groupe de sous-traitants chargé de décontaminer les centrales nucléaires prend au trip, au point de se sentir physiquement mal par instant. Les scènes sont viscérales, brutes, directes. Il en est ainsi aussi pour l'histoire d'amour qui vient se greffer à cet univers, un amour qui fait peur. Film avec des gueules, des personnages entiers, il est dommage de voir que la caméra produit par instant des images dégueulasses, alors que la réalisatrice est capable d'une virtuosité saisissante (la scène de la table, avec une musique saturée).
<br>Un film à voir si vous avez envie d'entrer dans un univers peu connu, servi par des acteurs extraordinaire.Voir plus


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