Critique26. September 2022

ZFF 2022 : «The Swimmers» - Échapper à la guerre contre vents et marrées

ZFF 2022 : «The Swimmers» - Échapper à la guerre contre vents et marrées
© Laura Radford/Netflix

Dix ans après son premier long-métrage «My Brother the Devil», la réalisatrice gallo-égyptienne Sally El Hosaini revient avec «The Swimmers», ou l’intense périple de deux sœurs, présenté en ouverture au Zurich Film Festival 2022.

En Syrie, Sarah et Yusra pratiquent la natation depuis le plus jeune âge. Leur père, qui les entraine, rêve de les voir aux Jeux olympiques sous le drapeau de leur patrie. Mais la guerre fait rage et la situation ne cesse d’empirer. Dans l’espoir de pouvoir plus tard aider le reste de la famille à s’enfuir du pays, les deux jeunes femmes, accompagnées de leur cousin, se lancent dans une expédition pour atteindre l’Allemagne.

Alors que les guerres embrasent encore et toujours le globe, poussant sur les routes une population à la recherche de sécurité, «The Swimmers» dévoile un incroyable périple, inspiré de l’expérience de Yusra Mardini, nageuse aux Jeux olympiques de 2016. Un extrait de vie, mélange de fiction et de réalité, voix d’une population expatriée. Sans exploiter avec outrance l’horreur des conflits, le long-métrage expose la dureté d’un voyage durant lequel nombre de vies se perdent.

ZFF 2022 : «The Swimmers» - Échapper à la guerre contre vents et marrées
© Ali Güler/Netflix

Mais le sujet, présenté avec émotion, se perd par moment dans un traitement en aspect juvénile. Car, afin d'aborder la vie de ces adolescentes, Sally El Hosaini s’adresse directement à une démographie d’un âge similaire. Ainsi, l’image prend des couleurs vives, pour un choix de tonalité plus adapté à une certaine légèreté. Un contraste brutal avec la thématique globale, accentué par des œuvres musicales rythmées. Cette hybridation, occasionnellement bancale, peut laisser de marbre, pourtant, le montage esthétique séduit par des coupures aux visuels solides. Il en découle une certaine poésie, présente dans chaque scène sous-marine, dont la beauté hydrique charme l’œil avec facilité.

Le long-métrage expose la dureté d’un voyage durant lequel nombre de vies se perdent...– Maxime Maynard

Un univers aquatique bien connu des protagonistes, Sarah et Yusra. Pour se mettre dans la peau de ces deux jeunes femmes, la réalisatrice décide de se tourner vers de véritables sœurs : les actrices libanaises Manal et Nathalie Issa. Il en résulte une sensibilité familiale à l’état pur, une connexion sororale évidente qui illumine l’écran à chaque moment de complicité. Et si Nathalie, interprète d’Yusra, peine parfois à convaincre, elle dévoile avec justesse un mélange de force et de sensibilité, soutenue dans sa tâche par sa sœur Manal à l’indéniable charisme, véritable force vitale du film.

Si le choix de traitement et de mise en scène pourra de temps en temps intriguer, «The Swimmers» reste une vision d’une terrible réalité pour nombre de personnes à travers le monde. Un drame débordant de bonne volonté qui, malgré quelques fausses notes, se regarde avec intérêt.

3,5/5 ★

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