Critique6. April 2022

«Qu'est-ce qu'on a tous fait au bon dieu?» - Humour fidèle aux volets précédents

«Qu'est-ce qu'on a tous fait au bon dieu?» - Humour fidèle aux volets précédents
© JMH Distributions SA

Pour le troisième opus des tribulations de la famille Verneuil, on prend les mêmes et on invite quelques nouveaux personnages. Avec l’arrivée surprise des beaux-parents, le choc des cultures – et des caractères – est une nouvelle fois prétexte à une kyrielle de gags fidèles aux volets précédents.

(Une critique de Laurine Chiarini)

À partir de 3, on parle de saga : entre les acteurs, l’équipe du film et les spectateurs, l’envie était grande de retrouver la famille Verneuil pour de nouvelles aventures. Si le capital sympathie des personnages n’est plus à prouver, comment insuffler un nouveau rythme narratif sans se répéter ? Les ressorts comiques sont les mêmes : à un multiculturalisme que Claude (Christian Clavier), le patriarche, a déjà du mal à supporter, viennent s’ajouter les intrigues secondaires des – forcément – nombreux beaux-parents, les nouvelles lubies de personnages bien connus et l’arrivée de Helmut (Jochen Hägele), mystérieux collectionneur d’art allemand haut en couleurs aux intentions douteuses.

© JMH Distributions SA

Second volet de la série, «Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu?» (2019) avait été l’occasion d’introduire la sœur homosexuelle de Charles, gendre catholique ivoirien, ainsi que leurs parents Madeleine (Salimata Kamate) et André Koffi (Pascal NZonzi), tenants des valeurs traditionnelles et amateurs de jambon français. Si l’histoire avait permis de faire leur connaissance, l’évocation un peu trop rapide des autres beaux-parents avait en revanche de quoi laisser sur sa faim : alors que Claude et son épouse Marie (Chantal Lauby) avaient fait un véritable tour du monde pour tous les rencontrer, leurs voyages n’avaient été que brièvement évoqués dans les récits faits à leurs beaux-fils. Le troisième opus, qui voit l’arrivée des huit beaux-parents, permet d’y remédier.

les gags s’enchaînent, parfois amusants, souvent opportunistes...– Laurine Chiarini

Peut-on rire de tout ? Oui, avec précaution : ne se voulant ni acerbe, ni cynique, le film, dont les deux premiers volets figurent au top 100 des plus gros succès en France, navigue sûrement, mais prudemment, entre sujets de discorde populaire et caractère universel des gags qui en découlent. Laure (Élodie Fontan), devenue végane, veut imposer sa nourriture à tout le monde ; Charles l’Ivoirien (Noom Diawara) joue un Jésus noir dans une pièce de théâtre et Viviane (Tatiana Rojo), qui aime les femmes, a adopté un petit garçon indien. À force de ne vouloir froisser personne, certains des gags tombent à plat ; d’autres, faciles, mais bien placés, permettent de rire sans trop réfléchir.

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Si l’irruption des huit beaux-parents permet à l’intrigue de ne pas s’essouffler, c’est l’arrivée d’un personnage en particulier qui apporte un peu de fraîcheur face à des caractères excentriques, mais toujours bien-pensants : Helmut, riche et fantasque collectionneur d’art allemand épris de la peinture de Ségolène – ou du moins le laisse-t-il penser. En parallèle d’une sortie en boîte inoubliable pour toutes les mauvaises raisons, sa présence jette une lumière sur la discrimination liée à l’âge : à partir de quand devient-on « périmé » pour la société ? Peut-on encore s’amuser une fois retraité ? À nouveau, les gags s’enchaînent, parfois amusants, souvent opportunistes.

À force de ne vouloir froisser personne, certains des gags tombent à plat...– Laurine Chiarini

Décliné pour la troisième fois selon une recette qui a fait ses preuves, le film de Philippe de Chauveron trouvera-t-il le même succès que les deux précédents ? Si les acteurs rempilent avec un plaisir non dissimulé, la multiplication des personnages peut donner l’impression d’une intrigue un peu mince. Certains éléments franco-français, tels que l’amour immodéré de Madame Ling (Li Heling), la mère chinoise de Chao, pour « le côtes du Rhône et la cochonaille », qu’elle ne manque pas d’engloutir à la moindre occasion, ou la chanson de Johnny Halliday « Sang pour sang » qui accompagne une fin pleine de bons sentiments, s’exporteront peut-être difficilement. Ce qui ne devrait pas empêcher les aficionados de la famille Verneuil de retrouver leurs personnages préférés avec un brin de plaisir.

2,5/5 ★

Le 6 avril au cinéma.

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