News9. November 2020

Netflix: «Paranormal» - Fantômes et humour noir pour la première série égyptienne de la plateforme

Netflix: «Paranormal» - Fantômes et humour noir pour la première série égyptienne de la plateforme
© Netflix

Première série égyptienne sur Netflix, «Paranormal» compile des histoires de fantômes tout en y ajoutant une touche d’humour noir plutôt bien sentie. Sans casser des briques, les différents mythes intriguent et divertissent.

La moue boudeuse de Refaat (Ahmed Amin), professeur à l’université du Caire, nous rappelle nos pires journées, nos instants les plus désabusés. Sa démarche douloureuse, son phrasé cassant, ses pensées - récitées en voix-off - sarcastiques ne font que rendre le personnage attachant. Lui, c’est un enquêteur paranormal malgré lui, antihéros par excellence, dont les lois de Murphy conjurent son existence. Un sceptique, négatif à souhait et embourbé dans un triangle amoureux ingérable. L’une est Huwaida (Aya Samaha), sa promise qu’il préfère repousser maladroitement, et l’autre est Maggie (Razane Jammal), le grand amour (secret) du Dr. Refaat.

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Mais hormis cette brinquebalante épopée amoureuse, il y a des mythes, des moments paranormaux. Tout d’abord, c’est une trentaine d’années plus tôt que le jeune Refaat fait la rencontre d’une jeune fille, Shiraz. Son démon d’antan, ce fantôme qui lui cause maux et tourments. Une ombre dans une pièce, une silhouette enroulée dans les rideaux; la petite fille le suit depuis sa rencontre quand il était gamin. Un danger menaçant ou non? Les flashbacks du premier épisode nous expliquent la nature de cette «relation».

«Un professeur qui mène l’enquête à travers les mythes et ses amours tortueux...»– Sven Papaux

Dans cette Égypte des années 60, le créateur Amr Salama opte pour une action très travaillée, à l’image soignée, laissant l’horreur de côté au profit d’une atmosphère pesante. Pas de giclée de sang, pas de jumpscare illusoires, juste un professeur qui mène l’enquête à travers les mythes et ses amours tortueux. Du pharaon noir au gardien des cavernes en Libye, en passant par la fameuse maison Al Khadrawy, cette maison hantée où Shiraz l’hypnotisait, «Paranormal» se love dans la malédiction tout en gardant ce pas de recul: un déroulé teinté d’humour noir.

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Un homme triste et déprimé qui distille quelques boutures bien senties. Un ton résolument plaisantin, que la mortalité vient doucher de son eau glaciale. Et Refaat, dans la peau de l’oiseau de mauvaise augure, en quête d’une sorte de paix intérieure en se confrontant à la malice des esprits malfaisants: «si l’esprit veut jouer, joue avec lui.» Alors en dépit d’un rythme parfois lancinant, les fantômes pointent le bout de leur nez pour rappeler qu’on est pas là pour (seulement) s’amuser.

3,5/5 ★

Disponible dès maintenant sur Netflix.

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