Les infiltrés - Interview
| Titre original: | The Departed |
| Pays (An): | USA (2006) |
| Genre: | Crime, Drama, Thriller |
| Durée: | 151min |
| Réalisation: | Martin Scorsese |
| Sortie: | 07.12.2006 (Suisse All.) |
| 29.11.2006 (Romandie) | |
| Scénario: | William Monahan |
Leonardo DiCaprio: acteur caméléon
Leonardo DiCaprio était tout sourire en arrivant à l'auditorium du festival du film de Rome pour présenter «Les infiltrés». Sa nouvelle collaboration avec Martin Scorsese a été très bien accueillie par la presse italienne.
«Les infiltrés» est le troisième film que vous tournez avec Scorsese. Qu'est-ce que vous aimez dans votre collaboration? Est-ce une relation de maître à élève, d'égal à égal ou de père à fils?
Il y a un peu de tout cela... Nous avons aussi de nombreuses références communes. Nous aimons les mêmes films de l'âge d'or d'Hollywood, nous partageons l'amour du jazz. Si je travaille avec Marty, c'est avant tout parce qu'il est un maître du cinéma et qu'il est formidable pour un acteur. J'ai beaucoup appris à son contact. Si nous continuons à trouver d'aussi bons projets en commun, je n'aurais aucun problème à ne travailler qu'avec lui.
Est-ce que Martin Scorsese vous a donné envie de devenir réalisateur à votre tour?
Pas dans l'immédiat, car je ne pense pas en avoir les capacités. Être metteur en scène, c'est être un peu voyant et magicien. Il faut être capable de prévoir l'avenir en imaginant toutes les scènes collées bout à bout. Marty jongle entre son art et la direction d'une dizaine d'équipes simultanément. Pour l'instant, je préfère continuer à jouer la comédie et me concentrer sur l'interprétation d'un seul personnage.
Vous avez joué avec Martin Scorsese, Steven Spielberg et James Cameron, est-ce que vous faites du cinéma pour la postérité?
Ces grands réalisateurs sont toujours le gage d'un grand professionnalisme et d'une vraie connaissance. Je veux être fier de tous mes films et ces grands metteurs en scène m'aident dans ce sens. Avec Scorsese, je peux aborder le cinéma comme un art. Ses films sont aussi exceptionnels qu'une sculpture ou un tableau d'un grand peintre dans un musée. J'espère que mes films vont traverser le temps et être vu par plusieurs générations.
Vous ne tournez plus de films à petits budgets. Est-ce que le succès de «Titanic» vous a imposé un standing de production?
Disons que j'ai touché du doigt l'importance d'avoir un projet bien ficelé. Le choix de mes projets n'a rien à voir avec le budget ou la grandeur d'un tournage. On me parle toujours de «Titanic» comme d'une référence, mais je ne le vois pas ainsi. Si j'avais su que ce film marquerait autant mon parcours, je l'aurais refusé. À l'époque de «Titanic», Paul Thomas Anderson m'avait offert le rôle principal de «Boogie Nights» (ndlr: c'est Mark Whalberg qui a hérité du rôle). Aujourd'hui, si je devais à nouveau choisir, c'est «Boogie Nights» que j'accepterais à la place de «Titanic», mais il est trop tard pour avoir des regrets.
Vous avez joué avec Daniel Day-Lewis dans «Gangs of New York», est-ce que sa perception du jeu vous a influencé?
Oui et non. Day-Lewis m'a montré l'implication extrême d'un acteur dans sa recherche pour entrer dans la peau d'un personnage. Moi, je suis aussi perfectionniste, mais je ne rentre pas chez moi en me prenant pour mon personnage. Je veux être un caméléon. N'est-ce pas le propre d'un comédien? Je ne pourrais pas considérer ma carrière d'acteur autrement qu'en étant un caméléon. J'ai la chance d'avoir de nombreuses propositions alors je veux être exigeant et judicieux dans mes choix. Depuis «Titanic», je travaille avec la même maquilleuse, Sian Grigg. C'est elle qui m'aide à me transformer physiquement.
Vous tournez majoritairement dans des films d'époque. Pourquoi ce choix?
Je suis fasciné par ce que l'on appelle l'âge d'or d'Hollywood, celle des années 30 et 40 car cette période car elle regorge d'histoires passionnantes. Le côté historique m'attire aussi. Du point de vue du cinéma, il y a tellement de choses qui me plaisent que j'aurais adoré vivre à cette époque. Par exemple, j'aurais aimé participer au tournage de «Citizen Kane». Voir Orson Wells à l'oeuvre, voir un jeune réalisateur révolutionner le cinéma: voilà une expérience qui m'aurait plu.
[Leonardo DiCaprio a été interviewé par Henry Arnaud]
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