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Burt Munro - Interview

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Anthony Hopkins: "jamais trop vieux pour réaliser ses rêves"

Récompensé récemment aux Golden Globes, Anthony Hopkins est de retour sur grand écran dans «Burt Munro» («The World's Fatest Indian»). Nous l'avons rencontré à l'hôtel Méridien de Los Angeles.

Comment présenter votre nouveau film?
Je suis très fier de ce film où j'incarne Burt Munro. C'est l'histoire vraie d'un passionné de vitesse de Nouvelle-Zélande qui abandonne son île du Pacifique à 60 ans pour battre un record dans le désert américain. C'est l'un de mes films favoris de toute ma carrière, car c'est une leçon de courage, d'endurance et d'espoir de vivre. Ce film réalisé par Roger Donaldson prouve qu'on n'est jamais trop vieux pour réaliser ses rêves.



Burt Munro a vraiment existé, n'est-ce pas?
Oui, c'est une légende en Nouvelle-Zélande et j'ai recherché tout ce qui existait sur lui pour entrer dans sa peau: vidéo, photos, reportages télé... J'ai même rencontré ses enfants qui sont venus sur le tournage. C'était très émouvant pour eux car ils avaient l'impression que leur père était encore en vie.



En janvier aux Golden Globes, vous avez été honoré du prestigieux Prix Cecil B DeMille pour votre carrière. Êtes-vous sensible aux honneurs?
C'est toujours agréable de recevoir une récompense pour son travail, même si je n'aime guère l'idée d'un prix honorifique. C'est un peu une manière de me dire que je suis vieux, non? Pour les Golden Globes, le plus délicat pour moi était de faire un discours en présence d'une salle remplie de stars. J'avais écrit mon discours depuis plusieurs semaines et je tenais à l'apprendre par coeur pour n'oublier personne. Contrairement à ce que l'on peut penser, je peux encore être impressionnable et j'avais peur de perdre mes esprits en improvisant. Même avec 40 ans de métier, cela fait toujours bizarre lorsque vous vous adressez à une foule avec des gens comme Clint Eastwood et Steven Spielberg au premier rang.



L'acteur français Gaspard Ulliel vous remplace dans la peau du jeune Hannibal Lecter pour raconter l'adolescence du terrible meurtrier du «Silence des agneaux». Qu'en pensez-vous?
C'est une excellente idée de raconter comment Hannibal est devenu cet homme complexe, manipulateur et détestable. Thomas Harris, qui a écrit les précédents ouvrages, signe le scénario de ce jeune Hannibal, ce qui est un gage de qualité. Je souhaite bonne chance à Gaspard et j'ai hâte de voir les premières images de son travail avec Lecter. «Young Hannibal» raconte l'adolescence du personnage en Lituanie, puis en Angleterre et en Russie en pleine Seconde Guerre mondiale.



Allez-vous faire une apparition aux côtés de Gaspard Ulliel?
Non, aucune chance. Il joue Hannibal adolescent. Je ne vois pas comment le réalisateur pourrait nous rapprocher à l'écran. Je me sens plus jeune de jour en jour, mais de là à incarner Hannibal à 20 ans. Place aux jeunes!



Quel bilan faîtes-vous de votre carrière?
Je me moque de ma carrière. Sur un plan humain, je suis bien plus heureux à 60 ans qu'à 30 ans. Je suis plus calme, plus serein et je me détache de tout. Je vis à Pacific Palissades, sur la côte du Pacifique tout près de Los Angeles. J'adore être dans ma propriété, j'ai l'impression d'être dans mon élément. Le climat et le mode de vie californiens me vont à merveille. Je pense avoir trouvé maintenant ce que j'ai toujours recherché: la sérénité. Je sais que tout n'est pas rose en Amérique, mais je pense être dans un endroit paradisiaque.



Pourquoi avez-vous quitté l'Angleterre pour Hollywood?
Je ne me suis jamais senti dans mon élément en Angleterre. J'en ai marre des gens qui se plaignent constamment et qui ne voient que l'aspect négatif des choses. Londres est une ville grise, ennuyeuse et pluvieuse. Je suis venu aux États-Unis, il y a plus de 25 ans, avec une troupe de théâtre et je suis tombé amoureux de ce pays. Au fond de moi, j'ai toujours voulu vivre en Amérique. Mon rêve a toujours été d'arriver au cinéma et je l'ai concrétisé en m'installant aux USA. En plus, j'ai fait fortune à Hollywood où l'on me paye très bien pour chaque film.

Vous arrive t-il d'accepter des films pour l'argent?
Mais bien sûr, on travaille tous pour gagner sa vie. Je ne pourrais pas faire un film minable uniquement pour un gros chèque, mais je trouve toujours une motivation. Par exemple, j'ai tourné l'adaptation d'une pièce de William Shakespeare, «Titus Andronicus». Je suis fier de mon travail, mais je n'ai pas fait cela par amour du théâtre ou de Shakespeare. Je me moque de la culture avec un grand C. Peut-être que je suis trop honnête, mais j'ai voulu être comédien pour être célèbre, c'est tout.



Avez-vous d'autres films en préparation?
Je n'ai aucun projet concret, et je ne suis pas pressé de signer pour autre chose. Pour l'instant, 2006 s'annonce calme. Je veux prendre du recul pour recharger mes batteries. On m'a proposé deux films, dont un avec Meg Ryan et Paul Walker (où il jouerait Ernest Hemingway), mais je ne veux rien dire car rien n'est fait. Le métier d'acteur vous pompe toute votre énergie et, avec les années, j'ai de moins en moins de force. J'en ai marre aussi de perdre mon temps durant des heures sur un plateau avant de tourner une scène. Voilà pourquoi je préfère rester chez moi plutôt que de traîner dans les studios de cinéma. J'ai toujours été un loup solitaire et cela ne s'arrange pas avec les années.

[Anthony Hopkins a été interviewé par Henry Arnaud]

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