Interview
Tommy Lee Jones, le dernier des irréductibles
L'homme est taciturne, se contentant souvent de réponses monosyllabiques et affichant un agacement certain. Derrière cette morosité de surface, Tommy Lee Jones (58 ans) reste un excellent acteur et depuis peu, un réalisateur de talent. «Trois enterrements», son premier long métrage cinéma, lui a valu une double distinction cannoise: prix du scénario et d'interprétation masculine. Rencontre.
Vous avez signé «The Good Old Boys» pour la télévision et «Trois enterrements» pour le cinéma. Quel a été l'élément déclencheur qui vous a incité à passer derrière la caméra?
La dimension visuelle m'intéresse depuis longtemps. J'ai étudié l'histoire de l'architecture et de la peinture. La réalisation s'inscrivait comme l'étape suivante. J'avais envie de partager cette expérience avec d'autres. Je pense avoir des choses à dire dans ce monde fracturé et je recherche des façons intelligentes de le faire. Le cinéma est probablement la manière la plus remarquable d'amener beaucoup de gens à regarder dans la même direction.
Comment ce projet s'est-il monté? A-t-il été compliqué à ficeler?
Pas du tout. Avec mes amis Michael Fitzgerald (le producteur) et Guillermo Arriaga (le scénariste), nous avons décidé, au cours d'une partie de chasse près de mon ranch, de faire un film ensemble. Puis nous avons rencontré Luc Besson aux Bahamas. Nous lui avons fait part de notre projet et il nous a immédiatement donné son feu vert en nous disant «on se voit à la première!». Nous sommes tous allés plonger, avec la promesse d'un budget de 25 millions de dollars. Tout s'est déroulé aussi facilement que ça.
Les conditions de tournage ont, en revanche, été très délicates...
Effectivement. C'était très physique et dangereux. Nous avons travaillé sur la frontière Tex-Mex, la zone la plus rude qui soit. Nous savions que si la pluie ou le vent s'en mêlaient, cela mettrait très vite un terme à notre aventure. D'ailleurs il y a eu des inondations et nous avons dû reporter le dernier jour de prise de vues.
Tourner au Texas était-ce un choix «naturel»?
Je suis né et j'ai grandi dans cette région. Là-bas, c'est chez moi. J'y ai mon ranch, qui a d'ailleurs servi pour le tournage. Je ne suis pas qu'un acteur. Je suis aussi un rancher et un joueur de polo. Et je n'ai pas l'impression de quitter un univers pour un autre. Je ne mène qu'une seule vie, la mienne. Et la chose la plus importante pour moi, c'est que cette existence soit riche à la fois sur le plan visuel et narratif.
Parlant de narration, vous êtes-vous inspiré d'une réalité connue pour tisser la trame de «Trois enterrements»?
Dans «Trois enterrements», c'est l'histoire d'un meurtre qui nous permet d'évoquer la vie des deux côtés du Rio Grande, frontière naturelle entre le Texas et le Mexique. Nous vivons là-bas dans une société bi-culturelle où ce genre d'événements ne relève malheureusement pas de la fiction. Je me suis inspiré d'un fait divers: un jeune lycéen d'origine mexicaine s'était fait tuer par erreur par trois marines qui guettaient des trafiquants de drogue. C'est sur cet exemple de bêtise humaine et de racisme que j'ai construit ce film.
Guillermo Arriaga dit s'être inspiré du vrai Tommy Lee Jones pour votre personnage...
Comme moi, Pete, mon personnage, est un homme un peu bourru et fidèle en amitié. Le reste relève des fantasmes de mon ami Guillermo à mon égard.
Quel message avez-vous voulu délivrer?
L'histoire est avant tout celle d'une rédemption. Mais elle attaque aussi les opposants à l'immigration, notamment celle qui concerne les travailleurs mexicains. Ce film est un peu comme une étude en contrastes sociaux. En quelque sorte, je «prêche» pour que les gens soient plus honnêtes et plus tolérants.
La dimension visuelle m'intéresse depuis longtemps. J'ai étudié l'histoire de l'architecture et de la peinture. La réalisation s'inscrivait comme l'étape suivante. J'avais envie de partager cette expérience avec d'autres. Je pense avoir des choses à dire dans ce monde fracturé et je recherche des façons intelligentes de le faire. Le cinéma est probablement la manière la plus remarquable d'amener beaucoup de gens à regarder dans la même direction.
Comment ce projet s'est-il monté? A-t-il été compliqué à ficeler?
Pas du tout. Avec mes amis Michael Fitzgerald (le producteur) et Guillermo Arriaga (le scénariste), nous avons décidé, au cours d'une partie de chasse près de mon ranch, de faire un film ensemble. Puis nous avons rencontré Luc Besson aux Bahamas. Nous lui avons fait part de notre projet et il nous a immédiatement donné son feu vert en nous disant «on se voit à la première!». Nous sommes tous allés plonger, avec la promesse d'un budget de 25 millions de dollars. Tout s'est déroulé aussi facilement que ça.
Les conditions de tournage ont, en revanche, été très délicates...
Effectivement. C'était très physique et dangereux. Nous avons travaillé sur la frontière Tex-Mex, la zone la plus rude qui soit. Nous savions que si la pluie ou le vent s'en mêlaient, cela mettrait très vite un terme à notre aventure. D'ailleurs il y a eu des inondations et nous avons dû reporter le dernier jour de prise de vues.
Tourner au Texas était-ce un choix «naturel»?
Je suis né et j'ai grandi dans cette région. Là-bas, c'est chez moi. J'y ai mon ranch, qui a d'ailleurs servi pour le tournage. Je ne suis pas qu'un acteur. Je suis aussi un rancher et un joueur de polo. Et je n'ai pas l'impression de quitter un univers pour un autre. Je ne mène qu'une seule vie, la mienne. Et la chose la plus importante pour moi, c'est que cette existence soit riche à la fois sur le plan visuel et narratif.
Parlant de narration, vous êtes-vous inspiré d'une réalité connue pour tisser la trame de «Trois enterrements»?
Dans «Trois enterrements», c'est l'histoire d'un meurtre qui nous permet d'évoquer la vie des deux côtés du Rio Grande, frontière naturelle entre le Texas et le Mexique. Nous vivons là-bas dans une société bi-culturelle où ce genre d'événements ne relève malheureusement pas de la fiction. Je me suis inspiré d'un fait divers: un jeune lycéen d'origine mexicaine s'était fait tuer par erreur par trois marines qui guettaient des trafiquants de drogue. C'est sur cet exemple de bêtise humaine et de racisme que j'ai construit ce film.
Guillermo Arriaga dit s'être inspiré du vrai Tommy Lee Jones pour votre personnage...
Comme moi, Pete, mon personnage, est un homme un peu bourru et fidèle en amitié. Le reste relève des fantasmes de mon ami Guillermo à mon égard.
Quel message avez-vous voulu délivrer?
L'histoire est avant tout celle d'une rédemption. Mais elle attaque aussi les opposants à l'immigration, notamment celle qui concerne les travailleurs mexicains. Ce film est un peu comme une étude en contrastes sociaux. En quelque sorte, je «prêche» pour que les gens soient plus honnêtes et plus tolérants.
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