L'Affaire Josey Aimes
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Interview

Charlize Theron: minée par le harcèlement

Dix ans après ses débuts, la belle Charlize Theron est passée du statut de silhouette à celui de comédienne respectée grâce à sa courageuse (et oscarisée) prestation de serial-killeuse dans «Monster». Elle est à nouveau totalement bluffante dans «L'Affaire Josey Aimes».

Au départ, vous ne vouliez être ni top model ni actrice, mais danseuse.
Oui, mais je me suis blessée au genou, et je ne pouvais plus monter sur scène. Ça me manquait énormément. Pour moi, être mannequin, c'était une façon d'aller plus loin. Puis j'ai étudié la comédie. J'ai suivi des stages incroyables. Il y en a qui vous feraient passer le goût du métier...



Le réalisateur Niki Caro a déclaré qu'au-delà de la star, vous étiez une actrice qui s'investissait énormément dans ses rôles. Jusqu'où va cet investissement?
Il est total, et c'est pour moi quelque chose de fascinant. Mais l'aspect physique n'intervient qu'après que j'ai vraiment compris le personnage. Ce qui m'intéresse, ce sont les marques physiques qui ont été laissées par l'expérience.



Vous avez traversé le Minnesota en expliquant aux gens que vous alliez raconter cette histoire qui est si importante pour eux. Pourquoi?
Nous avons tenu une conférence de presse pour expliquer que nous n'étions pas là pour ranimer de vieux démons, mais pour tenter d'expliquer le plus objectivement possible ce combat. Il ne fallait pas qu'ils aient honte de ce qui était arrivé. Ce genre de chose ne se produit malheureusement pas uniquement dans le Minnesota.



Le sexisme est une réalité pour les femmes. Je me demandais si vous en aviez déjà été victime.
C'est un sujet dont nous avons beaucoup parlé avec Niki, et nous avons conscience de la chance que nous avons. Quand j'ai lu le scénario pour la première fois, je n'en croyais pas mes yeux. Il faut beaucoup de temps pour changer les mentalités: je crois que ce film peut faire prendre conscience qu'il faut changer certains comportements.



Vous avez vécu dans ce pays presque la moitié de votre vie. Est-ce important d'avoir grandi dans une autre culture pour l'appréhender en toute objectivité?
Je pars toujours sans a priori, mais, une fois sur place, je fais de mon mieux pour intégrer la culture locale. Le fait de ne pas être Américaine ne change rien à ma façon de voir et d'appréhender les choses. À bien des égards, ce que j'ai trouvé dans le Minnesota était similaire à ce que j'avais connu en Afrique du Sud. Mon travail, c'est de raconter une histoire et je pense que l'aspect humain, si j'ai bien fait mon travail, peut être ressenti par tous les publics.



Maintenant que nous savons à quel point vous êtes capable de faire naître l'émotion dans vos films, quels défis avez-vous encore à relever en tant qu'actrice?
Le défi est de restituer la vérité, c'est la base de mon travail. Et il me faut trouver des gens qui ont envie de raconter l'histoire de la même manière que moi. La production a eu l'intelligence de laisser Niki raconter cette histoire selon son gré, sans essayer de lui imposer un format quelconque.



Va-t-on vous voir à la télévision cette année?
Oui. Je vais tourner cinq épisodes d'«Arrested Development». Le public me voit essentiellement comme une actrice dramatique et j'ai trouvé que c'était une bonne opportunité de casser un peu cette image.

Interview réalisée par Denis Rodi

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