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Interview

Famke Janssen: Jeu dangereux

Révélée par «GoldenEye», popularisée par les deux premiers «X-Men», la sublime Famke Janssen affronte Robert De Niro dans l'angoissant «Trouble jeu».

Qu'est-ce qui vous a poussée à accepter ce rôle de psychologue dans «Trouble jeu»?
Je ne vous mentirai pas: j'aurais accepté n'importe quoi pour jouer avec Robert De Niro.



Vous voulez dire que «Trouble jeu», c'est n'importe quoi?
Si c'était le cas, je vous l'avouerais sans problème, mais non: le scénario est excitant, et j'adore le côté calme et intègre de mon personnage. C'est une femme qui a la tête sur les épaules, et quand elle doit prendre des décisions, elle le fait avec un mélange d'angoisse et de détermination assez rare dans un gros film hollywoodien.



Et si vous n'aviez pas eu Robert De Niro comme partenaire?
Question piège... Je crois quand même que j'aurais refusé.



Comment vous-êtes vous préparée?
J'ai rencontré quelques psychologues, mais il faut être honnête: ce n'est pas un drame réaliste, c'est un thriller à prendre avec les distances qui s'imposent, et bien que je me sois préparée consciencieusement, je savais qu'au fond, tout ça n'était pas sérieux.



Alors, cette rencontre avec De Niro?
C'est un immense professionnel, un acteur génial, mais qui reste dans son rôle du premier au dernier jour. Disons pour faire court que je n'ai jamais parlé à Robert De Niro, mais à Charly, son personnage.



Ça vous a déçue?
J'ai appris à ne pas trop attendre des gens, car on s'expose à de graves désillusions. Dans ce cas précis, j'ai tout simplement été folle de joie de travailler avec un comédien aussi accompli.



Et la petite Dakota Fanning?
Elle a beau avoir dix ans, ce n'est pas une enfant. Elle n'a même rien d'enfantin. C'est une femme en miniature, très intelligente, très complète, très talentueuse, très mûre.



Vous voulez dire que le cinéma lui a volé son enfance?
Je le crains.



Avez-vous eu peur en voyant le film pour la première fois?
Oui, mais pas autant que si j'avais été une simple spectatrice. Là, je jouais dedans, il y avait forcément une distance. Sinon, en matière d'angoisse, je suis très bon public.



Quel est le film qui vous a le plus effrayée?
«Shining» de Stanley Kubrick, et aussi «Ne vous retournez pas», un film peu connu avec Donald Sutherland et Julie Christie.



Quel souvenir gardez-vous de votre première apparition au cinéma en James Bond Girl dans «GoldenEye»?
Celui d'une chance à prendre. Je n'avais rien à perdre, et je me suis lancée à corps perdu. Certains m'avaient dit de ne pas accepter le film parce que je serais cataloguée «bimbo» jusqu'à la fin de mes jours et que soit on me confierait des rôles de potiche, soit je tomberais aussitôt dans l'oubli. La suite leur a donné tort, heureusement.



Certes, mais on vous engage aussi pour votre beauté...
Au cinéma, 90% des arguments qui poussent quelqu'un à vous engager sont d'ordre physique. Le tout, c'est de convaincre les réalisateurs que les 10% restants valent vraiment le coup.



Vous avez débuté comme top model: avez-vous aujourd'hui le sentiment d'être une actrice?
Le fait qu'on me propose des rôles a tendance à me le faire croire, mais je ne pense pas être prête pour recevoir un Oscar. J'attends le film qui me fera sortir de moi-même, comme «Monster» l'a fait pour Charlize Theron.



Vous verra-t-on dans «X-Men 3»?
Oui, et je suis vraiment impatiente de retrouver toute la bande!

Interview réalisée par Benjamin Cardozo

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