The Human Stain - Interview
| Pays (An): | USA (2003) |
| Genre: | Drama, Romance |
| Réalisation: | Robert Benton |
| Sortie: | 13.11.2003 (Suisse All.) |
| 05.11.2003 (Romandie) | |
| Scénario: | Nicholas Meyer |
| Distributeur: | Ascot Elite Entertainment Group |
Anthony Hopkins: C’est son choix
Aujourd’hui, Anthony Hopkins n’a plus envie de faire d’efforts: si un rôle lui semble trop compliqué, il dit non. Mais dans «La couleur du mensonge» , sa partenaire n’est autre que Nicole Kidman. Alors…
Tout commence, dans «La couleur du mensonge», avec une lettre que vous postez…
Oui. Le film est tiré d’un roman de Philip Roth, qui est un immense auteur. Je joue le rôle du professeur Coleman Silk, un métis qui a une peau assez blanche. Il se fait passer pour juif au lieu de dire qu’il est d’ascendance noire. Il rencontre la préposée de la poste, et c’est une rencontre qui change sa vie… Il faut dire que la préposée, c’est Nicole Kidman! Par la suite, mon personnage se retrouve au centre d’un débat sur le racisme.
Le réalisateur, Robert Benton est connu pour sa douceur…
Il est très délicat avec les acteurs. C’est très agréable. Autrefois, il a signé le scénario de «Bonnie and Clyde» et il a plus tard réalisé des films comme «Kramer contre Kramer».
Quels sont vos acteurs favoris?
Clint Eastwood, Burt Reynolds, John Wayne, Gary Cooper. Ils jouent comme ils respirent. Ils n’ont pas passé des journées dans une Académie d’acteurs ou un Conservatoire quelconque. Ils ne discutent pas, ils agissent.
C’est votre philosophie?
Oui. Ma conclusion: restons simples. Je me souviens d’une anecdote racontée par Burt Reynolds. Dans les années 50, avec son copain Clint Eastwood, il cherchait du boulot. Ils sont allés voir un producteur qui leur a dit: «Toi, Burt, tu ne feras jamais rien. Change de métier». Et, en s’adressant à Clint: «Et toi, ta pomme d’Adam est trop proéminente. Change de métier aussi». Ils ne l’ont pas écouté, et, quelques années plus tard, fortune faite, ils se sont retrouvés dans le studio de leurs débuts. Et Eastwood a dit: «Si on allait voir ce producteur?». Reynolds a répondu: «Il est mort». Ils se sont regardés, ont acheté des cannettes de bière et sont allés pisser sur sa tombe!
Y a-t-il des acteurs avec lesquels vous avez eu un plaisir particulier à travailler?
Gary Sinise. J’ai joué avec lui dans «La couleur du mensonge», et il est formidable. Mais honnêtement, j’aime la plupart des acteurs avec lesquels j’ai joué. S’ils sont à l’heure et qu’ils connaissent leur texte, tout va bien. Je respecte tous les acteurs, quelle que soit leur méthode de travail. Il y en a qui ont besoin de se concentrer pendant trois heures, d’autres qui font du yoga, ça m’est égal. Tout est bon… Je me souviens d’une histoire arrivée à Dean Martin. Il tournait «Airport» et il y avait là une jeune actrice qui essayait de se mettre dans le rôle, et elle faisait attendre tout le monde. Finalement, Dean Martin s’est approché d’elle et a dit: «Chérie, nous n’allons pas avoir l’Oscar avec ce film. Alors dis tes répliques et après on s’en va». C’est ça que j’aime: dire mon texte, et rentrer chez moi.
Comment étudiez-vous vos rôles?
L’instinct. J’ai une certaine expérience, maintenant. Je viens de recevoir un scénario sur Beethoven, par exemple. C’est un bon scénario, avec beaucoup de dialogues. J’avais envie de jouer Beethoven, mais j’ai lu le scénario, et je me suis dit: « Il y a trop d’efforts à faire». Et j’ai refusé. J’ai joué des rôles qui nécessitaient des efforts intenses, mais aujourd’hui, je ne suis plus dans cette disposition d’esprit. On me propose de jouer le père de Marlon Brando dans le nouveau «Superman» et ça, j’ai envie de dire oui.
Vous avez réalisé un film. Avez-vous envie de retourner derrière la caméra?
Non. Il faut se lever avant les autres, le matin. C’est déprimant. Puis on se couche après tout le monde. C’est encore plus déprimant. Et quand chacun est rentré chez lui, il vous reste encore six mois à passer dans la salle de montage. Quand j’ai mis en scène «Août», il y a quelques années, je me suis assis dans la salle de montage et c’était tellement ennuyeux que je me suis tourné vers le monteur et je lui ai dit: «Fais-le. Moi, je m’en vais». Et il l’a fait. Pour vous dire la vérité, je n’ai pas la flamme de la mise en scène.
Quels sont vos réalisateurs favoris?
J’aimerais bien travailler avec James Cameron, on me dit qu’il est très exigeant. J’avais envie de tourner avec Oliver Stone, et on a fait «Nixon» ensemble, et c’était très bien. Ce que j’aime, au cinéma, c’est qu’on m’offre de la distraction. Pas de blabla. Le cinéma, c’est ça. Aujourd’hui, on distribue des prix, des Golden Globes, des Oscars… On devrait donner des Oscars aux infirmières et aux médecins dans les hôpitaux, pas aux acteurs!
[Anthony Hopkins a été interviewé par Benjamin Cardozo]
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