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Solaris - Interview

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Pays (An): USA (2002)
Genre:Drama, Romance, Sci-Fi
Durée:99min
Réalisation:Steven Soderbergh
Sortie:06.03.2003 (Suisse All.)
Scénario:Stanislaw Lem
 Steven Soderbergh

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La planète des songes

Dans l’étonnant «Solaris» de Steven Soderbergh, George Clooney trouve le rôle le plus atypique de sa carrière. Il s’en explique.

«Solaris» est votre troisième collaboration avec Steven Soderbergh, et vous avez une compagnie de production en association avec lui. Qu’est-ce que vous vous trouvez mutuellement?
Rien. Steven m’a dérobé mon charme, il l’a utilisé dans ses films... Et moi, j’ai quoi?



Des beaux rôles.
Ah oui, c ‘est vrai. Sérieusement, on s’entend bien.



C’est bizarre de vous retrouver dans le rôle du docteur Kelvin, le psy envoyé dans d’espace sur la planète Solaris. Il n’est pas spécialement attachant.
C’est justement pour ça que le rôle m’allait bien. James Cameron, le producteur, et Steven Soderbergh sont tombés d’accord. Kelvin était à contre-courant, pour moi. Il est déprimé, sa femme s’est suicidée, il traverse un purgatoire...



Comment avez-vous trouvé la bonne note?
Pas facile. D’abord, il fallait faire confiance à 100% à Steven Soderbergh. Et les seules indications qu’il me donnait, c’était: «Donne-moi plus d’angoisse existentelle». Comme le scénario ne faisait que 70 pages, il ne fallait pas se rater.



Vous avez vu la version d’Andreï Tarkovski de la même histoire?
Je l’ai vue après le tournage de notre film. La plus grande différence, c’est que la version Tarkovski fait quand même une heure de plus, et les relations des personnages sont très différentes. Nous avons visé l’émotion, et je crois que Tarkovski tendait plutôt vers une sorte de poésie métaphysique.



La critique américaine a l’air absolument abasourdie devant la scène où l’on vous voit nu, de dos. Pourtant, il n’y a pas de quoi fouetter un chat...
Oui, c’est une scène très bénigne, qui cherche à exprimer l’amour que cet homme et cette femme ressentaient l’un pour l’autre, le plaisir d’être ensemble. Il ne m’est jamais passé par la tête que ça pourrait faire l’objet d’un débat.



Votre maison de production, Section Eight, a produit trois films cette année: «Insomnia» de Christopher Nolan, «Loin du Paradis» de Todd Haynes et «Bienvenue à Collinwood» des frères Russo. Quel est votre but?
Nous voulons simplement aider les réalisateurs à créer les films dont ils rêvent. Leur fournir un soutien financier, et les laisser travailler. Évidemment, on ne peut pas réussir à tous les coups, mais nous pouvons garantir une chose: c’est qu’aprèsla première projection, si les réactions sont mitigées, nous n’allons pas couper des scènes ou changer des choses, comme ça se pratique dans les grands studios.



Vous êtes passé derrière la caméra...
«Confessions of a dangerous Mind», mon premier film en tant que réalisateur, est basé sur la biographie de Chuck Barris, qui était l’animateur vedette d’un jeu télévisé. Dans son livre, Barris prétend qu’entre deux prestations à la télé dans le genre «Qui veut gagner des millions?», il était employé par la CIA comme tueur. Le film sera... Je ne sais pas. Les gens vont l’aimer ou le détester, mais personne ne pourra m’accuser d’avoir pris des précautions.



Vous êtes au top du succès, aujourd’hui. Vous ne craignez pas la descente?
Vous savez, mon père, Nick Clooney, qui travaille toujours à la télé, et ma tante, la chanteuse Rosemary Clooney, m’ont toujours dit que la célébrité va par cycles. Qu’une carrière artistique est fonction du hasard. Le fait que je sois devenu connu à l’âge de 33 ans me donne un peu de recul. J’ai 41 ans aujourd’hui, et je considère que c’est un avantage immense de ne pas être vedette depuis trente ans. Au moins, je peux me passer mes caprices, faire des films que personne d’autre ne ferait. J’en profite, voilà tout. Mais ça passera. Quand le moment sera venu, j’irai jouer au basket ou je ferai le tour du monde en bateau, qui sait?

[George Clooney a été interviewé par Benjamin Cardozo]

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