Interview
Benicio Del Toro
Dans le brutal et fascinant «Way of the Gun», Benicio Del Toro et Ryan Philippe forment un inséparable tandem de gangsters. Raison de plus pour les réunir une nouvelle fois devant notre micro.
«Way of the Gun» est un polar assez curieux. Comment le projet est-il né?
Benicio Del Toro:J'avais déjà travaillé avec Christopher McQuarrie: il avait signé le scénario de «Usual Suspects». Et il voulait devenir metteur en scène. Le problème, c'est qu'il faisait le tour des producteurs en proposant un «drame basé sur la vie d'Alexandre le Grand» et que ça allait coûter 60 millions de dollars. Personne n'allait se lancer là-dedans avec un réalisateur sans expérience. Je lui ai alors demandé d'écrire un autre polar, un peu dans la veine de «Usual Suspects». Il a dit ok, et voilà. Ryan Philippe: C'est à ce moment-là que j'ai été contacté. L'idée de jouer un voyou qui rencontre un autre voyou dans une banque du sperme, c'était assez drôle. Et j'adore les dialogues, avec des répliques comme: «La plus grande distance entre deux points est celle qui sépare un kidnappeur et son argent». BDT: En fait, c'est le final, avec le duel dans le bordel mexicain, qui l'a séduit.
C'est dans la veine de «Pulp Fiction», non?
BDT: Non. C'est autre chose. RP: La caméra est nettement plus calme. BDT: Tarantino est un grand réalisateur, mais l'univers de McQuarrie est très différent. RP: Ce qui est intéressant, c'est que les valeurs ne sont pas noires ou blanches. Les méchants ne sont pas si méchants et les bons ne sont pas tellement bons. Au fil du film, on se prend à balancer, à éprouver de la sympathie... C'est cette grisaille qui fait le prix du film.
Ryan, votre image de beau garçon vous a parfois desservi...
RP: Oui, c'est vrai. Maintenant que j'ai la possibilité de faire des choix, je reste dans la frange, dans les films un peu hors du commun. Quand j'avais 16 ans, tout ce que je voulais, c'était devenir célèbre et me faire des tonnes d'argent. Mes perspectives ont changé. Je prend mon métier au sérieux, maintenant.
Et vous Benicio, quelles sont vos perspectives?
BDT: Moi, ce qui m'intéresse, c'est de jouer avec des acteurs qui me forcent à être au meilleur de moi-même. Comme James Caan, par exemple.
Contrairement à Benicio, vous n'avez été qu'un deuxième choix...
RP: Ce genre de scénario ne me passe jamais sous les yeux. On ne pense pas à moi pour ces films un peu à part. Si bien que j'ai dû faire mes preuves, discuter avec le réalisateur. Il voulait un type plus grand et plus vieux. Mais finalement, avec l'aide de Benicio, j'ai eu le rôle.
Les deux personnages du film se nomment Parker et Longbaugh. C'est un clin d'oeil?
BDT: Plus que ça. Ce sont les vrais noms de Billy the Kid et de Pat Garrett. Des hors-la-loi mythiques.. RP: Une référence à Paul Newman et Robert Redford...
Vous êtes liés à l'Actor's Studio?
BDT: Il se trouve que tous les acteurs que j'admire viennent de l'Actor's Studio: Gary Oldman, Sean Penn, Robert de Niro, Al Pacino... Mais il me semble que la fameuse Méthode de l'Actor's Studio va un peu trop loin. D'ailleurs, dans les années 50 et 60, la plupart des gens qui venaient de l'Actor's Studio passaient chez le psychanalyste... Moi, quand je rentre chez moi, je laisse le rôle sur le plateau. Je ne vais pas rester dans la peau du personnage, flinguer les gens chez moi parce que je joue un tueur. Si bien que j'ai réduit la théorie de l'Actor's Studio à l'essentiel. Et l'essentiel, c'est d'avoir du bon sens, point final. RP: Moi, la seule chose qui m'intéresse, c'est d'ouvrir mes ailes, de progresser comme acteur. Que ce soit grâce à l'Actor's Studio ou autre chose, peu importe.
Vos projets?
RP: Pour moi, c'est un film intitulé «Antitrust». Et je vais fonder un site internet dans le style de MTV. Ce sera évidemment très musical. BDT: Et pour moi, c'est le nouveau film de Steven Soderbergh, «Traffic», et le nouveau film de Sean Penn, «The Pledge».
Et «Alexandre le Grand»?
BDT: Il a attendu plusieurs siècles. Il peut attendre encore un peu.
Benicio Del Toro:J'avais déjà travaillé avec Christopher McQuarrie: il avait signé le scénario de «Usual Suspects». Et il voulait devenir metteur en scène. Le problème, c'est qu'il faisait le tour des producteurs en proposant un «drame basé sur la vie d'Alexandre le Grand» et que ça allait coûter 60 millions de dollars. Personne n'allait se lancer là-dedans avec un réalisateur sans expérience. Je lui ai alors demandé d'écrire un autre polar, un peu dans la veine de «Usual Suspects». Il a dit ok, et voilà. Ryan Philippe: C'est à ce moment-là que j'ai été contacté. L'idée de jouer un voyou qui rencontre un autre voyou dans une banque du sperme, c'était assez drôle. Et j'adore les dialogues, avec des répliques comme: «La plus grande distance entre deux points est celle qui sépare un kidnappeur et son argent». BDT: En fait, c'est le final, avec le duel dans le bordel mexicain, qui l'a séduit.
C'est dans la veine de «Pulp Fiction», non?
BDT: Non. C'est autre chose. RP: La caméra est nettement plus calme. BDT: Tarantino est un grand réalisateur, mais l'univers de McQuarrie est très différent. RP: Ce qui est intéressant, c'est que les valeurs ne sont pas noires ou blanches. Les méchants ne sont pas si méchants et les bons ne sont pas tellement bons. Au fil du film, on se prend à balancer, à éprouver de la sympathie... C'est cette grisaille qui fait le prix du film.
Ryan, votre image de beau garçon vous a parfois desservi...
RP: Oui, c'est vrai. Maintenant que j'ai la possibilité de faire des choix, je reste dans la frange, dans les films un peu hors du commun. Quand j'avais 16 ans, tout ce que je voulais, c'était devenir célèbre et me faire des tonnes d'argent. Mes perspectives ont changé. Je prend mon métier au sérieux, maintenant.
Et vous Benicio, quelles sont vos perspectives?
BDT: Moi, ce qui m'intéresse, c'est de jouer avec des acteurs qui me forcent à être au meilleur de moi-même. Comme James Caan, par exemple.
Contrairement à Benicio, vous n'avez été qu'un deuxième choix...
RP: Ce genre de scénario ne me passe jamais sous les yeux. On ne pense pas à moi pour ces films un peu à part. Si bien que j'ai dû faire mes preuves, discuter avec le réalisateur. Il voulait un type plus grand et plus vieux. Mais finalement, avec l'aide de Benicio, j'ai eu le rôle.
Les deux personnages du film se nomment Parker et Longbaugh. C'est un clin d'oeil?
BDT: Plus que ça. Ce sont les vrais noms de Billy the Kid et de Pat Garrett. Des hors-la-loi mythiques.. RP: Une référence à Paul Newman et Robert Redford...
Vous êtes liés à l'Actor's Studio?
BDT: Il se trouve que tous les acteurs que j'admire viennent de l'Actor's Studio: Gary Oldman, Sean Penn, Robert de Niro, Al Pacino... Mais il me semble que la fameuse Méthode de l'Actor's Studio va un peu trop loin. D'ailleurs, dans les années 50 et 60, la plupart des gens qui venaient de l'Actor's Studio passaient chez le psychanalyste... Moi, quand je rentre chez moi, je laisse le rôle sur le plateau. Je ne vais pas rester dans la peau du personnage, flinguer les gens chez moi parce que je joue un tueur. Si bien que j'ai réduit la théorie de l'Actor's Studio à l'essentiel. Et l'essentiel, c'est d'avoir du bon sens, point final. RP: Moi, la seule chose qui m'intéresse, c'est d'ouvrir mes ailes, de progresser comme acteur. Que ce soit grâce à l'Actor's Studio ou autre chose, peu importe.
Vos projets?
RP: Pour moi, c'est un film intitulé «Antitrust». Et je vais fonder un site internet dans le style de MTV. Ce sera évidemment très musical. BDT: Et pour moi, c'est le nouveau film de Steven Soderbergh, «Traffic», et le nouveau film de Sean Penn, «The Pledge».
Et «Alexandre le Grand»?
BDT: Il a attendu plusieurs siècles. Il peut attendre encore un peu.
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