Alain Corneau
Alain Corneau au festival de Cannes 1990.
Données clés
Naissance
7 août 1943
Orléans
Nationalité
Française
Décès
29 août 2010 (à 67 ans)
Paris, France
Profession
réalisateur, producteur, scénariste, acteur
Films notables
Police Python 357
Série noire
Le Choix des armes
Fort Saganne
Tous les matins du monde
Le Deuxième Souffle
Alain Corneau, né le 7 août 1943 à Meung-sur-Loire (Loiret), et mort dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 août 2010 à Paris, est un réalisateur français de cinéma.
Biographie [modifier]
Fils d'un vétérinaire de campagne, il grandit sur les bords de la Loire. Attiré dès l'enfance par le cinéma grâce à son père, il se tourne un peu plus tard vers le jazz; il apprend la batterie en autodidacte qu'il va pratiquer au sein de diverses formations de musiciens franco-américains à Orléans. Il se ravise et fait des études de cinéma à l'IDHEC. Fasciné par le cinéma américain, il illustre néanmoins, dans sa carrière, un éventail de genres assez large, allant de la fresque épique avec Fort Saganne à la psychologie intimiste grâce aux Mots bleus. On retrouve fréquemment le thème de la confrontation et du départ pour un pays étranger, laissant place à une quête d'identité douloureuse.
Son début de carrière est marqué par le genre policier, mariant une construction narrative maîtrisée à une certaine noirceur du point de vue, souvent considérées comme des hommages aux roman et film noirs américains dont il reprend les archétypes mais en y creusant des psychologies. Après trois succès commerciaux estimables, il réalise un film à contrecourant de ses premières réalisations : Série noire, drame psychologique tranchant et d'un pessimisme profond, porté par une direction d'acteurs de premier ordre (Patrick Dewaere, Marie Trintignant, Myriam Boyer, Bernard Blier). L'œuvre laisse sa marque dans le cinéma français.
Il adapte ensuite un roman historique de Louis Gardel : Fort Saganne, et réalise ce qui est à l'époque le film le plus cher du cinéma français, avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve et Sophie Marceau. Il y dévoile un sens aigu du grand spectacle et de la durée, malgré des conditions de tournage difficiles dans le désert mauritanien.
Il change radicalement d'atmosphère, de lieu et d'envergure pour adapter le Nocturne indien d'Antonio Tabucchi. L'Inde, une équipe et un budget légers, un traitement intimiste et une tonalité fantasmagorique, voire onirique (rendue notamment par le travail d'Yves Angelo sur la photographie) lui permettent de se consacrer complètement à un thème déjà en filigrane dans ses films précédents : le nouveau départ, l'interrogation sur le sens de l'existence, le flou sur l'identité et les quêtes douloureuses et indélébiles pour y échapper et pour finalement se trouver.
Avec le film d'époque Tous les matins du monde, d'après un roman éponyme de Pascal Quignard, dont la musique est le vrai personnage principal, il rencontre un succès public et critique inattendu, sur un sujet quelque peu austère (l'histoire d'un violiste au XVII siècle) traité sans emphase, avec un Jean-Pierre Marielle au sommet de son art. Alain Corneau reçoit pour ce film le César du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.
Il effectue une nouvelle plongée dans un monde étranger, japonais cette fois, avec son adaptation de Stupeur et tremblements de l'écrivaine belge Amélie Nothomb, dont l'héroïne semble montrer une identité plus mûre et un meilleur recul sur son environnement que les héros de ses premiers films.
En 2004, l'ensemble de son œuvre cinématographique est distinguée par le prix René-Clair décerné par l'Académie française.
En 2006, Grégory Marouzé lui consacre un documentaire, Alain Corneau, du noir au bleu, qui retrace le parcours du cinéaste, aborde sa mise en scène, ses influences et ses thèmes fondateurs.
En 2010, il se voit décerner un prix Henri-Langlois pour l'exemplarité de ses choix et de son parcours cinématographique qui a su mêler avec subtilité des films de genres très divers, où la quête initiatique du ou des héros est toujours empreinte d'une grande spiritualité mêlée d'humilité et de générosité envers l'autre.
Il meurt des suites d'un cancer du poumon, dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 août 2010.
Ses derniers compagnons de route du cinéma lui ont très vite rendu hommage en parlant d'« un grand homme du cinéma, un homme absolument adorable, drôle, vif, vraiment exceptionnel » (Kristin Scott-Thomas) et de « quelqu'un qui est lui-même devenu un maître, un passionné incroyable » (Patrick Mille).
Le samedi 4 septembre 2010, ses proches et ses amis lui ont fait leurs adieux au piano et à la viole de gambe, à lui l'auteur passionné de musique, inhumé dans le grand cimetière parisien du Père-Lachaise division 45 au côté de Marie Trintignant (morte en 2003). Le musicien catalan Jordi Savall a ouvert la cérémonie d'obsèques dans les travées du cimetière en jouant trois pièces de Marin Marais, ce compositeur du XVIII siècle auquel le réalisateur avait rendu hommage dans son film Tous les matins du monde, récompensé par sept Césars en 1992, dont celui de la meilleure musique.
Vie privée [modifier]
Sa compagne de longue date était l'auteur et cinéaste Nadine Trintignant. Il faisait partie de la cellule spectacle des Comités d'Alliance Ouvrière (proche de l'OCI) avec les réalisateurs et acteurs, Bernard Murat, Alex Métayer, Andrée Tainsy, André Julien, Paulette Frantz, Nadine Trintignant, Delphine Seyrig et Dominique Labourier[1].et dont Bertrand Tavernier était sympathisant.
Citation [modifier]
Corneau réalise toute son œuvre en quête d'identité, faite d'acceptation des différences. Il l'avoue :
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